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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 13:23

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Comment peut-on être persan ? Le mieux est encore d’aller voir. C’est ce que fit Jean Chardin à la fin du 17ième siècle. Il se lança dans le commerce des diamants et le roi perse de l’époque, Shah Abbas II le nomma son marchand personnel de pierres précieuses.

Il reporte méthodiquement tout ce qu’il découvre : le pays, la cour du Roi, son organisation et ses mœurs, les ministres, vizirs et autre chambellan, l’administration, la nourriture, les stupéfiants, les jeux, les sports, les femmes, le mobilier, les langues et les sciences, les croyances et les métiers. Jean Chardin n’est pas un grand conteur. Mais ses récits sont si riches d’informations et d’anecdotes qu’elles sont encore aujourd’hui considérés par les spécialistes comme une source historique remarquable sur la civilisation persane de l’époque.

Extrait, la justice criminelle : « Quand j’arrivai en Perse, je prie d’abord les Persans pour des barbares, voyant qu’ils ne procédaient pas méthodiquement, comme nous le faisons en Europe, à la punition des criminels. J’étais surpris qu’ils n’eussent pas de prisons publiques, point d’assemblées pour examiner les criminels juridiquement, point d’exécuteur public, ou bourreau, point de place de supplice, point d’ordre ni de méthode d’exécutions. Je pensais que c’était faute d’être aussi policés que nous le sommes, nous chez qui les exécutions se font avec un grand circuit de formalités ; mais après avoir passé quinze ans en Orient, j’ai raisonné d’une autre manière, et j’ai trouvé qu’il en était de cela comme des autres accidents rares de la vie, ou l’on ne se fait pas des routes sûres et certaines, parce qu’ils ne surviennent pas fréquemment ; au lieu que dans nos pays, ou les crimes énormes et dignes de mort sont toujours nombreux, on s’est habitué à supplicier les gens par règle et par compas. … On n’entend parler presque jamais en Perse d’enfoncer les maisons, d’y entrer à vive force, et d’y égorger le monde. On ne sait ce que c’est qu’assassinat, que duel, que poison. »

… c’est malheureusement bien différent maintenant.
L'édition de 1711 est même disponible en ligne sur le site suivant http://www.pizan.lib.ed.ac.uk/lab/perse.htm

Montesquieu se serait servit de ce récit avant d’écrire les Lettres Persanes : ici ou encore ici

 

 

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