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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 15:46

Petite ballade de quatre jours bien dépaysante dans l’un des plus beaux et des plus chauds déserts du monde situé dans le sud est de l’Iran, dans la province de Kermân. Voyage en train de nuit dans des cabines mixtes de 6 couchettes assez semblables au confort des trains français. A  part un petit contrôle de la police avant de monter dans le train, ou le gradé me posait des questions parfois surréalistes tout en feuilletant mon passeport (quelle est ma nationalité !, combien de personnes participent au tour organisé ! …) et le fait que, dans quelques cabines, des lits se sont dépliés pendant le trajet, on pouvait se croire dans un vieux train français.

Ce genre d’éco tour est très prisé par une certaine intelligentsia téhéranaise : artiste, médecin, journaliste aimant se retrouver en pleine nature à pouvoir discuter de tous les sujets possibles, et politiques entre autre, avec des inconnus sans prendre de risques inconsidérés. De nombreux jeunes se retrouvent aussi pour se rencontrer et/ou flirter. On peut également y croiser des femmes couvertes du tchador imposé par les Mollahs. Et tous ces gens savourent un même moment ensemble, acceptant les pensées et le mode vie de son voisin. Au même moment, on peut se retrouver à discuter politique dans une chambre en sirotant une vodka distillée artisanalement (infecte au demeurant) et entrevoir dans la chambre voisine, deux femmes en tchador accroupies en train de prier. Et on se met à rêver que l’Iran idéal pourrait ressembler à ça …

Le désert du Lut est l’une des régions les plus chaudes du monde. Dans certaine partie de ce désert, la température peut atteindre en plein été les 70°C à l’ombre, et l’ombre est parfois difficile à trouver. Inutile de préciser qu’aucun être humain ne peut supporter ce niveau de température, pas même une bactérie ne pourrait y survivre. On ne peut qu’approcher prudemment les bordures de ce désert, s’étendant sur un périmètre de 100 sur 50 kms. Le mois de février est le mois le plus froid et il y faisait déjà 38°C ce qui offre d’ailleurs un joli petit décalage avec le 5°C qu’il faisait à Téhéran. Ceci fait dire aux iraniens qu’il est possible à tout moment de l’année d’avoir simultanément les quatre saisons sur leur territoire. Il n’y pleut quasiment jamais, et lorsqu’un nuage explose, la pluie n’a souvent pas le temps d’arriver sur le sol en forme liquide. Elle s’évapore bien avant. Curieusement, une à deux fois par siècle, un orage gigantesque crée des inondations. On y croise des paysages parfois lunaires : des dunes les plus hautes du monde pouvant atteindre jusqu’à 1200 mètres de haut, de gigantesques falaises de terres séchées, de curieux arbres qui crées de petit monticules de sables en poussant, de grandes étendues salées blanches, des surfaces composées d’un mélange de sable et de sel séchés qui craquelle légèrement lorsque l’on marche dessus, donnant la même sensation que si l’on marchait sur de la neige gelée. Les régions centrales de ce désert restent à ce jour encore inexplorées.

En bordure ouest de ce désert, la ville de Chahdãd offre un asile accueillant. Oasis remplis de dattiers et d’eucalyptus, dont l’odeur ferait fuir les insectes. Population accueillante au teint basané  par le soleil, aux habits colorés. Les enfants vous accueillent avec un mélange de curiosité et d’amusement. Un site archéologique, la cité des petits hommes, a été découvert durant ce siècle à quelques kilomètres de la ville. Le nom proviendrait d’une légende locale et non pas de la taille effective de cette peuplade.  L’origine de cette petite ville date de plus de 5000 ans et l’on ne possède que très peu d’informations sur leur mode de vie et leur relation avec les peuplades voisines. On sait qu’ils étaient relativement avancés pour leur époque. Ils enterraient leur mort dans des énormes jarres en terre cuite fermées : ils s’amusaient donc peut être a faire passer les macchabées sur un énorme tour a poterie... A un kilomètre de cette cité a été découvert une mini usine de travail du cuivre, avec plusieurs fours. Ils y fabriquaient des outils à motifs animaliers et des figurines d’argile anthropomorphes. Cette civilisation aurait été détruite par un énorme orage qui aurait détruit et tué toute la population.

Entre ce désert et la chaîne de montagne du Pãyeh, s’étend une vallée aride parsemée de villages et de petits oasis. Le paysage varie de petites collines ocres, au vert des palmiers et de quelques champs. La région n’est pas des plus sures. Pendant notre promenade, de nombreuses motos nous  surveillaient de loin sur le haut des collines, attendant le moment propices pour nous attaquer ? On pouvait se croire dans un western moderne. En début d’après midi, six 4x4 de l’armée nous ont accompagné dans notre promenade pour repousser énergiquement les motos locales qui tentaient de s’approcher et qui semblaient être plus poussées par la curiosité que par une quelconque mauvaise intention. Néanmoins, l’année précédente, les promeneurs furent entourés d’une centaine de motos…

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commentaires

PASCAL 28/05/2010 15:22



 


Jais traverse l'Iran et ces mon plus beau souvenir;les paysage son magnifique et ses habitants d'une gentillesse extrême ces le seul pays ou les gens vienne a vous sans arriéré pense pas une seul
foi il nous on taxer ses jus de fruit a la sortie du désert du lut son excellent .Jespere pouvoir i retourne un jour pour le visite tranquillement car en camion on ne vois pas tout


pascal



PERIER 30/09/2006 19:36

Merci pour ces quelques minutes de dépaysement sans bouger de mon appartement.
Dommage que ce pays dont l'histoire remonte aux origines de l'humanité ne soit pas, à ma connaissance, une destination touristique très ouverte. Un jour peut être.
J'ai vu il y a quelques jours une émission à la télévision (FR 2 je crois) sur l'Iran et ce pays m'avait déjà attiré.
Jean - Montpellier