Livres sur l'IRAN

Mercredi 7 novembre 2007

Le photographe iranien ABBAS, membre de l’agence Magnum, est surtout connu pour quelques clichés qui ont fait le tour du monde : celui entre autres du commandant Massoud. Vous pouvez aller découvrir plusieurs de ces clichés à la maison de la Chine à Paris qui lui consacre une exposition de photos prises sur la route de la soie. Pour les non-parisiens, nous vous conseillons un recueil de photographies publiés chez Autrement en 2002 IRAN Diary 1971 – 2002 qui retrace trente ans de l’histoire de son pays : les années du Shah et de la révolution jusqu’à l’émotion de son retour en 1997.


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Mercredi 15 août 2007

Robert-Byron-route-d-oxiane.jpg

Récit de voyage. L’auteur, esthète anglais, entreprend un long voyage de Venise à l’Inde, en passant par la Perse, à la recherche des origines de l’architecture et de la culture islamiques. Description drôle et vivante de son voyage qui ne manque pas d’anecdotes, de rencontres et d’évènements insolites. Ce livre vous permet un double voyage spatial (dont de longues pages sur l’Iran) et temporel (les années 30). Néanmoins parfois très (trop ?) british façon début du siècle.


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Samedi 26 mai 2007

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Comment peut-on être persan ? Le mieux est encore d’aller voir. C’est ce que fit Jean Chardin à la fin du 17ième siècle. Il se lança dans le commerce des diamants et le roi perse de l’époque, Shah Abbas II le nomma son marchand personnel de pierres précieuses.

Il reporte méthodiquement tout ce qu’il découvre : le pays, la cour du Roi, son organisation et ses mœurs, les ministres, vizirs et autre chambellan, l’administration, la nourriture, les stupéfiants, les jeux, les sports, les femmes, le mobilier, les langues et les sciences, les croyances et les métiers. Jean Chardin n’est pas un grand conteur. Mais ses récits sont si riches d’informations et d’anecdotes qu’elles sont encore aujourd’hui considérés par les spécialistes comme une source historique remarquable sur la civilisation persane de l’époque.

Extrait, la justice criminelle : « Quand j’arrivai en Perse, je prie d’abord les Persans pour des barbares, voyant qu’ils ne procédaient pas méthodiquement, comme nous le faisons en Europe, à la punition des criminels. J’étais surpris qu’ils n’eussent pas de prisons publiques, point d’assemblées pour examiner les criminels juridiquement, point d’exécuteur public, ou bourreau, point de place de supplice, point d’ordre ni de méthode d’exécutions. Je pensais que c’était faute d’être aussi policés que nous le sommes, nous chez qui les exécutions se font avec un grand circuit de formalités ; mais après avoir passé quinze ans en Orient, j’ai raisonné d’une autre manière, et j’ai trouvé qu’il en était de cela comme des autres accidents rares de la vie, ou l’on ne se fait pas des routes sûres et certaines, parce qu’ils ne surviennent pas fréquemment ; au lieu que dans nos pays, ou les crimes énormes et dignes de mort sont toujours nombreux, on s’est habitué à supplicier les gens par règle et par compas. … On n’entend parler presque jamais en Perse d’enfoncer les maisons, d’y entrer à vive force, et d’y égorger le monde. On ne sait ce que c’est qu’assassinat, que duel, que poison. »

… c’est malheureusement bien différent maintenant.
L'édition de 1711 est même disponible en ligne sur le site suivant http://www.pizan.lib.ed.ac.uk/lab/perse.htm

Montesquieu se serait servit de ce récit avant d’écrire les Lettres Persanes : ici ou encore ici

 

 


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Lundi 21 mai 2007

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Le numéro de manières de voir de juin-juillet 2007 du Monde diplomatique est consacré à l’Iran. Articles anciens et récents permettant de comprendre le présent en étudiant le passé. A lire !


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Dimanche 18 février 2007

Un grand seigneur persan, curieux des mœurs occidentales, séjourne longuement à Paris vers la fin du règne de Louis XIV…

 

C’est une grande question, parmi les hommes, de savoir s’il est avantageux d’ôter aux femmes la liberté que de la leur laisser ; il me semble qu’il y ait bien des raisons pour et contre. Si les européens disent qu’il n’y a pas de générosité à rendre malheureuses les personnes que l’on aime, nos asiatiques répondent qu’il y a de la bassesse aux hommes de renoncer à l’empire que la Nature leur a donné sur les femmes. Si on leur dit que le grand nombre de femmes enfermées est embarrassant, ils répondent que dix femmes qui obéissent embarrassent moins qu’une qui n’obéit pas.

 

in english please
A great Persian lord, nosy of western customs, stayed in Paris for a long time in the reign of Louis XIV. He said: It’s a great question, among men, to know if it’s favourable to take freedom away from women or not; I seem to me that there are good reasons to say yes or to say no. If European people say that it’s not to be generous to make unhappy women that we love, Persian people answer that there is baseness from men to give up power that Nature gave over women. If we can say that to coop many women up is embarrassing, it’s possible to answer that ten women who obey is less embarrassing than one who doesn’t obey.

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Samedi 27 janvier 2007

 

L’origine de ce livre est entourée de mystères concernant l’auteur et la véracité de ce qui est racontée. Un diplomate anglais, James Morier, alors en poste à Téhéran aurait rencontré en 1815 un vieil homme dans une petite bourgade turque, se présentant comme Hadji Baba, lui livrant un manuscrit dans lequel est décrite sa vie. James Morier publie ce récit en anglais en 1824 et est traduit la même année en français. Il connaît un vif succès à sa sortie. Un peu plus tard parait à Téhéran une version en farsi qui connaît, malgré la censure, un très gros succès. Son auteur, Mirzâ Habib Esfahâni, lettré iranien de premier ordre célèbre pour la publication de quelques œuvres obscènes (« Epitre de la queue » ou « les quatre saisons du con ») proclame que sa version est l’originale et que Morier n’aurait traduit qu’une pale copie. On découvrit très tardivement, en 1961 qu’il s’est contenté de traduire le roman de James Morier.

Toujours est-il que ce récit d’aventures décrit avec raffinement et humour la société perse du début du dix-neuvième siècle, à la cour du Shah, dans le bazar, chez les Mollahs ou dans la rue. Hadji Baba est tour à tour barbier à Ispahan, bandit, porteur d’eau, charlatan, médecin, homme de religion, marchand, confident du Vizir, diplomate… Il y a du Candide dans ce roman. Une fausse naïveté permettant de décrire précisément et avec beaucoup d’humour les travers de la société iranienne du début du dix neuvième, un peu à la façon de Voltaire. On se régale !

in english please
There is a lot of mystery around the author, the veracity and the origin of this book. An English diplomat, James Morier, would met an old man in 1815 in a little village, called Hadji Baba, who gave him a handwritten text in which he described his life. James Morier published his book in English in 1824 which is translated the same year in French. It’s quickly a big success in England and in France. A couple of years later, Mirzâ Habib Esfahâni, famous for some lewd writings, published an Iranian version in Tehran. He exclaimed that his book is the original one and that James Morier is only a copy. We discovered only in 1961 that it was wrong. Anyway, this book is a wonderful adventure story which describes with humor and stylishness Persian society of the beginning of the nineteen century. We discover the life in the court of the Shah, in the bazaar, around mullahs and on the street. Hadji Baba is successively barber in Isfahan, outlaw, water-carrier, quack, doctor, mullah, trader, Vizier’s confident, diplomat… We mind to Candide when we read this book. A false naivety which allow describing in details and with a lot of humor the shortcomings of Persian society, quite like Voltaire with his “Candide”. It’s a delight!

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Dimanche 21 janvier 2007

L’incontournable Delphine MINOUI a signé les articles du dossier spécial Iran du magazine Géo du mois de janvier. Même si les articles peuvent paraître un peu superficiels pour un iranien, ils ont néanmoins le mérite d’offrir un diaporama juste de l’Iran d’aujourd’hui, de briser quelques clichés que nombre d’occidentaux ont malheureusement sur ce pays : oui, les iraniennes sont coquettes et sortent maquillées, oui les jeunes se draguent dans la rue et dans certains cafés, oui les gens discutent parfois politique dans les taxis communs, oui, il existe des théâtres et des musées d’art contemporain à Téhéran. Il est néanmoins toujours de bon ton de le rappeler.

in english please
The main subject of the French magazine Géo on January is Iran and all articles are signed by Delphine MINOUI. Even if all articles can seem quite superficial for an Iranian, they had the merit of showing the reality of Iran nowadays, far from “cliché” that main of European have about Iran: yes Iranian women are fashionable and go outside with make up, yes young try to pick them up on the street and in some coffee shops, yes sometimes people discuss about politics on common taxis, yes there are theater and contemporary art museum in Tehran. Anyway, it’s really important to remember it.

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Mercredi 20 décembre 2006

Un grand seigneur persan, curieux des mœurs occidentales, séjourne longuement à Paris vers la fin du règne de Louis XIV…

Heureuse la terre qui est habitée par les enfants des Prophètes ! Ces tristes spectacles y sont inconnus. La sainte religion que les Anges y ont apportée se défend par sa vérité même : elle n’a point besoin de ces moyens violents pour se maintenir.

Voilà ce que dit le perse Rica, à la vue des exactions commises en occident au nom de la religion.  Le protestant Chardin avait lui aussi, à la même époque, loué la liberté de conscience qui régnait en Perse : « un avantage inexprimable que ces peuples ont par-dessus les chrétiens, c’est qu’ils ne sont point vexés par la religion. Chacun est là-dessus en pleine liberté et croit ce qu’il veut ». Cela a malheureusement bien changé depuis…

 

in english please
A great Persian lord, nosy of western customs, stayed in Paris for a long time in the reign of Louis XIV. “Sons of Mohammad are fortunate people! These sad sights are unknown for them. The holy religion that angels brought is justified by its own truth: it doesn’t need all these violent means to justify itself.” Here’s that the Persian lord, Rica, said at the sight of exactions committed in Europe in the name of god. The protestant Chardin who travel in Iran in the same time said the same thing. He was very impressed by the freedom of conscience that he saw in Iran: “these people have a great advantage over us; they never get upset over religious subject. Everybody is in this field completely free and believes what he wants”. There is unfortunately some little change now…

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