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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 09:23

Tu mets dans tous les coins une embûche cruelle,

 Seigneur, et tu nous dis : « Malheur à l’infidèle ! »

 Tu tends le piège et puis quiconque y mets les pieds

 Tu le prends dès qu’il tombe, en le nommant rebelle !

  Omar KHAYYAM

 

 … ouaih, c’est ça, baisse les yeux et cache toi derrière l’arbre au lieu de répondre ….

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 11:08

"Les problèmes ne peuvent pas être résolus avec des bombes. Ce dont on a besoin, c'est de logique".

 

"Est-ce que le rationalisme, la spiritualité, l'humanisme et la logique sont mauvais pour les êtres humains ? Pourquoi plus de conflits ? Pourquoi devrons-nous aller vers des hostilités ? Pourquoi développer des armes de destruction massive ? Chacun de nous peut aimer l'autre."

 

 

Voici quelques propos récent du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

 

De plus, quelques jours après le discours du pape dans lequel il a trouvé de bon ton de citer quelques mots d’un dialogue du XIV ième siècle dans lequel un empereur byzantin présentait, d’une façon brutale, à son interlocuteur musulman, le problème du rapport entre violence et religion, des miliciens islamiques ont été envoyés devant l’ambassade du Vatican à Téhéran avec quelques pancartes, des fleurs et un message relayé sur les TV iraniennes : « nous répondons à la violence papale par un message de paix et des fleurs » (cf photo).

 

Et si le Mahmoud Ahmadinejad décidait de devenir le Gandhi iranien !

 

Je vous laisse rêver …

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 14:02

Il y a quelques semaines, une amie iranienne qui vit à Téhéran a vécue une sale aventure. De celle que l’on croyait être du passé, du passé proche (cinq à dix ans à peine) ou les rues de Téhéran pouvaient être très dangereuses pour une femme, seule ; où la vie pouvait s’arrêter, net, en quelques heures. Sans recours. Sans jugement. Nombre d’iraniens craignaient que cela ne réapparaisse. Malheureusement, il semble qu’ils reviennent.

 

Un vendredi après midi, M, jeune femme de 27 ans, revenait en voiture d’une ballade sur les premières pentes des montagnes de l’Alborz au nord de Téhéran avec un ami. Ils furent arrêtés par une patrouille de bassidji1 que l’on croyait être dorénavant reclus dans leur caserne. Contrôle d’identité. Il est interdit pour une femme d’être accompagnée dans son véhicule d’un homme autre que son mari, son frère ou son père. Puis cela se précipite. Allusion de prostitution. Un des miliciens fouille le sac à mains de l’amie et y trouve de la drogue, qu’il avait préalablement mit lui-même. Le procédé est connu de tous. Mais il est impossible de nier. Ces milices représentent l’ordre moral de la République islamique. Triste ordre moral. Triste République. La jeune femme est embarquée. Le jeune homme menacé puis rapidement relâché. Elle est emmenée dans un sombre bureau, dans lequel on la menace et lui demande de se déshabiller. Heureusement pour elle, et c’est peut être cela qui l’a sauvé, une femme est aussi présente dans le bureau. C’est elle qui contrôle ses vêtements, qui empêche l’un des miliciens à rentrer dans la pièce. Elle a enfin le droit de se rhabiller. Elle est gardée au poste pendant plus de quatre heures. On lui demande de faire un don au mausolée de l’Imamzadeh voisin, pour racheter ces péchés. Soixante dix milles tomans (environ 70 euro) en cash, qui ira directement dans la poche de ces ravisseurs. Et enfin relâché. Elle récupère quasiment tous ses documents, mis à part sa carte d’identité. Par la suite, l’un des miliciens la harcèle pendant plus d’une semaine en l’appelant sur son portable, sur son fixe, en se baladant près de son domicile, lui proposant  de venir faire un tour avec lui, pour récupérer sa carte d’identité, parce qu’il l’a considère putain. Elle ne sort plus seule. Même pour aller à son travail, elle se fait maintenant accompagnée. Elle a été déclarer la perte de sa carte d’identité.

 

C’est malheureusement aussi ça l’Iran. Des salauds qui peuvent commettre les pires abominations sous couvert de la loi. Des salauds qui peuvent violer, tuer n’importe quelle jeune fille ramassée dans la rue.

 

1 Bassidji : Cette milice est une force paramilitaire qui a été fondée par l’Ayatollah Khomeiny en novembre 1979 afin de fournir des volontaires populaires aux troupes d’élites dans la guerre Iran-Irak. Le nouveau guide suprême l’Ayatollah Ali Khamenei leur a ordonné de réprimer les éléments corrompus et contre-révolutionnaires. Ils seraient à l’heure actuelle plus de 11 millions dans le pays et n’ont de compte à rendre à personne, si ce n’est à Khamenei lui-même. Ce sont de jeunes fanatisés ne portant pas toujours d’uniforme militaire, le plus souvent armés.

 

Pour ceux qui veulent aller plus loin et mieux comprendre l’origine historique et la compréhension sociale de cette milice, vous pouvez consulter l’article de Farhad Khosrokhavar Le modèle Bassidji paru dans « Culture et Conflits n°28 » - 1998 : http://www.conflits.org/document680.html

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 16:38

En Iran, lorsqu’un heureux évènement vous arrive et que vous considérez que Dieu vous a fait un don (mariage, enfant, changement de carrière, augmentation, achat d’une voiture ou d’un appartement), vous créez à votre insu un déséquilibre qu’il faut rapidement compenser.  Il est de bon ton d’offrir à vos proches ou à vos collègues des sucreries ou des petits gâteaux.  Cette douce coutume vient de la nuit des temps.

 

 

 

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 15:47

Dans la série "Nos amis les mollahs", aujourd'hui, la leçon d'anglais. de nombreuses plaisanteries circulent sur les mollahs en Iran : photos, histoire drôles ...

Comme pour beaucoup de sujets graves, il faut mieux en rire qu'en pleurer. La phrase de Pierre Desproges "rire de tout, oui, mais pas avec n'importe qui" prend ici une importance cruciale.

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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 16:10

Le journal Shargh vient d’être fermé après publication de ce dessin humoristique, représentant deux cavaliers sur un échiquier. Le cavalier blanc, à droite, avec un faux air de Bush semble dubitatif devant son homologue noir, plus âne que cheval d’ailleurs, braillant à son encontre. L’âne noir est entouré d’un halo de lumière, ce qui est devenu maintenant un signe distinctif de l’actuelle Président de la République iranienne, Mahmoud Ahmadinejad (qui avait déclaré qu’il avait ressenti être entouré de lumière divine lors de sa première intervention à l’ONU), ce dont plus d’un s’était gaussé.

 Non, la presse n’est toujours pas libre en Iran.

 

 

 

 

 

 

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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 15:00

Journal de prison du célèbre journaliste et écrivain iranien, qui fut condamné en 2000 à huit mois de prison "pour insultes aux autorités, diffamations, publications mensongères et accusations non fondées à l'encontre du régime". Ayant, grâce à sa bonne étoile et à sa notoriété, eu la possibilité de choisir son lieu de détention, il décida de purger sa peine avec les droit commun dans la section des "délinquants économiques", la section "des escrocs", en fait celle des hommes d'affaires de l'ancien régime.
 
Récit parfois léger (avec beaucoup d’humour), parfois pesant (il est difficile de garder une santé mentale dans tout établissement pénitentiaire, à EVIN – prison politique de Téhéran -  peut être plus qu’ailleurs, lorsque l’on attend de nombreux mois avant d’être jugé).
 
Ebrahim NABAVI est maintenant exilé à Bruxelles. Vous pouvez également lire certains de ses articles sur Le journal d’information sur le net :www.roozonline.com. J’y reviendrais.
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 16:28
Direction le mausolée de l’Iman Reza, huitième Iman des chiites, descendant direct du Prophète, qui aurait été empoisonné sur l’ordre du Calife Mahmoun à Mashad en 817.
Mojdeh s’enroule dans une énorme étoffe de tissu noir, obligatoire pour les femmes dans ce mausolée. Fouille serrée à l’entrée, à la recherche d’appareils photos (je garde le mien dans ma poche de chemise !) et d’explosifs.
Le gigantisme prévaut en ce lieu : de vastes cours, recouvertes de marbre, des voûtes colossales, un entrelacs de couloirs menant à d’autres cours, des multitudes de miroirs font que certaines pièces rayonnent de mille feux, arabesques, entrelacs, moulures sur bois…
Une bibliothèque de 28 000 m2 côtoie le mausolée : plus d’un demi million d’ouvrages de cinquante cinq langues différentes, accès gratuit, une moyenne de 5000 étudiants par jour.
Seul le sanctuaire est interdit aux non-musulmans. Je ne compris qu’à la fin de cette visite qu’il m’avait accueillie dans ce lieu sacré qui aurait dû m’être interdit. Hystérie à l’intérieur. Sentiment trouble : peur de ce fanatisme et respect de cette croyance qui les pousse et les réunis en ce lieu. Des hommes, bénévoles, mettent de l’ordre dans ce chahut à l’aide de plumeaux colorés. Le « responsable du lieu », Iman gérant les donations, entouré de 4 gardes du corps, complets noirs, oreillettes, scrutant les environs. Il paraîtrait que le Vaqf (Fondation pieuse inaliénable constituée autour d’un sanctuaire musulman) de Mashad est plus riche que le Vatican !!!!
Dans les cours extérieures recouvertes de tapis, des hommes, femmes, enfants, mélangés, assis à discuter, prier, manger …..
Visite de Bazard de Mashad à proximité du Mausolée. Deux longues voies couvertes remplies de petites échoppes. Spécialités : turquoise et safran. D’ailleurs, il paraît que lorsque tu manges du safran en trop grande quantité, tu rigoles toute la journée !!!! Je n’ai pas plus d’informations et je n’ai pas encore essayé.
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 16:09

    • Scotch sur le nez
    Beaucoup d’Iraniennes se refont faire le nez. Il est assez fréquent de croiser de jeunes miss avec un petit bandage sur le nez qu’elles gardent de deux à trois mois. Pour être complet, il faut dire deux choses : qu’il existe de nombreux chirurgiens esthétiques, qui ont perdu beaucoup de clients à la fin de la guerre contre l’Irak et deuxièmement, qu’il ne m’est pas possible, à ce jour, de savoir si les iraniennes ont des bandages ailleurs que sur le nez. J’enquête.
    • Mode imposée
    Les femmes couvertes de noire de la tête aux pieds côtoient de jeunes femmes en jean recouvert d’un fin « manto » de quelques tailles en dessous, qui font ressortir les formes, et d’un simple foulard coloré d’où dépasse de nombreuses mèches rebelles. Pour les hommes aussi, la tenue islamiquement correcte composée d’une barbe de trois jours, d’une vieille veste sombre froissée recouvrant une chemise blanche ne respirant pas la fraîcheur du matin côtoie des tenues à l’occidentale (la cravate étant tout de même assez rare mais pas inexistante). Tout ce beau monde se rejoint néanmoins sur un point essentiel : quand le muezzin appelle à la prière matinale de cinq heures, personne ne se réveille
    Ce qui surprend le plus après quelques semaines passés ici est la schizophrénie développée par une grande partie de la société iranienne. Le régime des Mollahs et surtout la violence des premières années qui ont suivi la révolution islamique ont longtemps fait craindre à chacun d’exposer plus que ses idées, sa façon de vivre et de se comporter à l’extérieur de la maison. Pour se protéger, il fallait mieux se développer une fausse identité de façade, islamiquement correcte. Une retenue de tous les instants, ou aucun sujet intime ne devait transparaître des discussions de la journée avec les commerçants, les voisins ou les collègues… et attendre le soir pour être vraiment soi dans l’espace protégé de sa maison
    • Femmes, je vous aime …
    Malgré le tchador, la polygamie autorisée, la lapidation et la vision ultra-puritaine du rôle de la femme défendue par les religieux extrémistes, la condition de la femme a connue des améliorations significatives depuis la révolution : le taux d’analphabétisme des femmes est passé de 63% en 1979 à 29% ; le taux de femmes pratiquant la contraception a été multiplié par trois, il atteint maintenant 75%. Il y a actuellement plus de femmes à l’Université que d’hommes. L’Iran est sans doute le pays musulman ou les femmes participent le plus à la vie publique. J’ai même rencontrée une ingénieur de production chez un fournisseur de pièces embouties, chose qui m’aurait déjà bien surpris en France, alors en Iran…
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13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 15:46

Petite ballade de quatre jours bien dépaysante dans l’un des plus beaux et des plus chauds déserts du monde situé dans le sud est de l’Iran, dans la province de Kermân. Voyage en train de nuit dans des cabines mixtes de 6 couchettes assez semblables au confort des trains français. A  part un petit contrôle de la police avant de monter dans le train, ou le gradé me posait des questions parfois surréalistes tout en feuilletant mon passeport (quelle est ma nationalité !, combien de personnes participent au tour organisé ! …) et le fait que, dans quelques cabines, des lits se sont dépliés pendant le trajet, on pouvait se croire dans un vieux train français.

Ce genre d’éco tour est très prisé par une certaine intelligentsia téhéranaise : artiste, médecin, journaliste aimant se retrouver en pleine nature à pouvoir discuter de tous les sujets possibles, et politiques entre autre, avec des inconnus sans prendre de risques inconsidérés. De nombreux jeunes se retrouvent aussi pour se rencontrer et/ou flirter. On peut également y croiser des femmes couvertes du tchador imposé par les Mollahs. Et tous ces gens savourent un même moment ensemble, acceptant les pensées et le mode vie de son voisin. Au même moment, on peut se retrouver à discuter politique dans une chambre en sirotant une vodka distillée artisanalement (infecte au demeurant) et entrevoir dans la chambre voisine, deux femmes en tchador accroupies en train de prier. Et on se met à rêver que l’Iran idéal pourrait ressembler à ça …

Le désert du Lut est l’une des régions les plus chaudes du monde. Dans certaine partie de ce désert, la température peut atteindre en plein été les 70°C à l’ombre, et l’ombre est parfois difficile à trouver. Inutile de préciser qu’aucun être humain ne peut supporter ce niveau de température, pas même une bactérie ne pourrait y survivre. On ne peut qu’approcher prudemment les bordures de ce désert, s’étendant sur un périmètre de 100 sur 50 kms. Le mois de février est le mois le plus froid et il y faisait déjà 38°C ce qui offre d’ailleurs un joli petit décalage avec le 5°C qu’il faisait à Téhéran. Ceci fait dire aux iraniens qu’il est possible à tout moment de l’année d’avoir simultanément les quatre saisons sur leur territoire. Il n’y pleut quasiment jamais, et lorsqu’un nuage explose, la pluie n’a souvent pas le temps d’arriver sur le sol en forme liquide. Elle s’évapore bien avant. Curieusement, une à deux fois par siècle, un orage gigantesque crée des inondations. On y croise des paysages parfois lunaires : des dunes les plus hautes du monde pouvant atteindre jusqu’à 1200 mètres de haut, de gigantesques falaises de terres séchées, de curieux arbres qui crées de petit monticules de sables en poussant, de grandes étendues salées blanches, des surfaces composées d’un mélange de sable et de sel séchés qui craquelle légèrement lorsque l’on marche dessus, donnant la même sensation que si l’on marchait sur de la neige gelée. Les régions centrales de ce désert restent à ce jour encore inexplorées.

En bordure ouest de ce désert, la ville de Chahdãd offre un asile accueillant. Oasis remplis de dattiers et d’eucalyptus, dont l’odeur ferait fuir les insectes. Population accueillante au teint basané  par le soleil, aux habits colorés. Les enfants vous accueillent avec un mélange de curiosité et d’amusement. Un site archéologique, la cité des petits hommes, a été découvert durant ce siècle à quelques kilomètres de la ville. Le nom proviendrait d’une légende locale et non pas de la taille effective de cette peuplade.  L’origine de cette petite ville date de plus de 5000 ans et l’on ne possède que très peu d’informations sur leur mode de vie et leur relation avec les peuplades voisines. On sait qu’ils étaient relativement avancés pour leur époque. Ils enterraient leur mort dans des énormes jarres en terre cuite fermées : ils s’amusaient donc peut être a faire passer les macchabées sur un énorme tour a poterie... A un kilomètre de cette cité a été découvert une mini usine de travail du cuivre, avec plusieurs fours. Ils y fabriquaient des outils à motifs animaliers et des figurines d’argile anthropomorphes. Cette civilisation aurait été détruite par un énorme orage qui aurait détruit et tué toute la population.

Entre ce désert et la chaîne de montagne du Pãyeh, s’étend une vallée aride parsemée de villages et de petits oasis. Le paysage varie de petites collines ocres, au vert des palmiers et de quelques champs. La région n’est pas des plus sures. Pendant notre promenade, de nombreuses motos nous  surveillaient de loin sur le haut des collines, attendant le moment propices pour nous attaquer ? On pouvait se croire dans un western moderne. En début d’après midi, six 4x4 de l’armée nous ont accompagné dans notre promenade pour repousser énergiquement les motos locales qui tentaient de s’approcher et qui semblaient être plus poussées par la curiosité que par une quelconque mauvaise intention. Néanmoins, l’année précédente, les promeneurs furent entourés d’une centaine de motos…

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