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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 09:37

Nasr Eddin ne se lève pas tôt le matin, en règle générale. Ses voisins au contraire, tous des paysans, sautent du lit au chant du coq, et ils ne voient pas d’un bon œil ces manières de fainéant.

Un jour donc, l’un d’eux se rend à son champ à l’heure ou le soleil perce juste à l’horizon, et trouve une pièce d’or sur son chemin. Le soir, tout heureux, il vient raconter sa bonne fortune à Nasr Eddin.

-       Regarde comme cela m’a porté bonheur de me lever de grand matin ! Quand je pense qu’ils y en a qui paressent au lit …Si j’étais passé plus tard, jamais je n’aurais trouvé cette pièce : quelqu’un d’autre  l’aurait ramassé avant moi.

-       Mais qui te dit, objecte Nasr Eddin, qu’elle n’était pas déjà là hier soir ?

-       Si elle y avait été, je l’aurais vue en revenant hier. D’ailleurs là n’est pas la question.

-       Ô marcheur sans tête ! Toute la question est là, au contraire : celui qui a eu la malchance de la perdre s’était donc levé encore plus tôt que toi !

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce fameux mollah et se plonger dans ses aventures

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 00:00

ahmadinejad.jpgsarkozy.jpg

Ils ont à peu près la même taille, le même âge (52 pour 51 ans), ils sont bruns, ne sont pas beaux mais ont une gueule reconnaissable, expressive. Mais, à y regarder de plus près, il n’y a pas que la ressemblance physique qui rapproche nos deux chers présidents. Ils veulent tous deux incarner une rupture dans les habitudes politiques de leur pays respectif, de par leur âge, leur parcours politique (Nicolas n’est pas énarque, Mahmoud n’est pas Mollah), dans leur façon de gouverner par un subtile mélange de populisme et de communication quasi-marketing.
 
Ils veulent tous les deux incarner la rupture mais à y regarder de plus près, leur principales actions ne font qu’entretenir un système existant, accentuant le pouvoir de leurs amis respectifs. Non, s’il faut chercher une rupture, elle est uniquement dans la forme. Tous deux parlent au peuple avec le langage du peuple. Tous deux mettent en scène leur vie (plus que leurs idées, malheureusement) pour accaparer l’attention : une cavalcade avec une mannequin à Disneyland ou un pèlerinage à la Mecque, la forme s’adapte au pays, le procédé est le même. Tous deux mentent car ils promettent l’irréalisable : le plein emploi pour Nicolas, la relance de l’économie et la fin de la corruption d’état pour Mahmoud. Tous deux utilisent un nationaliste bon marché stigmatisant les étrangers mais également les fonctionnaires pour Nicolas ou jouant la fibre patriotique pour Mahmoud (avec le nucléaire). Tous deux partagent la même conception du pouvoir et de la politique : une sorte de paternaliste autoritaire, interdisant et réprimant tout débat contestataire comme en Iran ou détournant l’esprit des règles démocratiques (ratification parlementaire discrète de la constitution européenne, rejetée par le peuple lors d’un référendum, ratification sans débat de la recodification du code centenaire du travail…). Tous deux communiquent sur une culture du résultat en disant à leurs électeurs respectifs : « vous me jugerez sur des résultats ». Malheureusement pour tous les deux, les résultats ne sont pas au rendez vous. Alors il leur reste le mouvement, l’agitation vaine mais continue ; il ne leur reste plus qu’à privilégier le show à la réflexion, à l’action long terme.
 

Tous deux sont des pantins servant les intérêts de quelques uns au détriment de la majorité. Tous deux sont une insulte à l’intelligence de nos deux peuples. Tous deux, je l’espère, figurerons comme une parenthèse malheureuse et vite oubliée dans l’histoire de nos deux pays.

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16 mars 2008 7 16 /03 /mars /2008 15:17

20080316-pois-chiche.jpg

La mère est rayonnante. Le père est déjà gaga ! Il n’y a rien de plus universel que le bonheur de deux futurs parents, qu’ils soient de nationalités différentes ou non ne change rien à l’affaire.
 
Tout le monde participe à la recherche du sexe du bébé. Il suffit pour cela d’ouvrir au hasard le divan d’Hafez. Il s’agit surement d’un fils, le poème parle de Mehdi nous dit un tel. Non, il s’agit d’une fille nous dit tel autre. Il reste aux parents à ne contredire personne et d’engager des études statistiques : un fils à trois contre un pour le moment…
 
Les seules petites différences que nous avons notées pour le moment d’une grossesse à Paris par rapport à Téhéran sont du domaine du détail. Il y a peut être à Paris plus d’analyses et de contrôles médicaux divers et variés (peut être pas tous nécessaires ?), moins de pudeur dans la relation médecin – patient … Si, nous avons tout de même noté un point amusant : c’est cette curieuse façon que tout le personnel médical et administratif français à nommer le père de l’enfant par ce titre « père du bébé » et non pas « votre mari » lorsqu’il s’adresse à Madame. En Iran, le mariage est la norme ; les autres situations maritales sont des exceptions ou des accidents.
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 17:17
lesjumeaux-de-la-revolution.jpg
En 1979, j’avais dix ans et j’étais aussi insouciant que le gamin de la chanson de Souchon. En Iran, à la même époque, le pays vivait tour à tour la fin de règne du Shah, l’espoir d‘un changement, la révolution islamique et la mise en place impitoyable d’une autre dictature. Pour ceux qui veulent se plonger dans cette époque trouble de l’histoire de l’Iran, cette période pleine d’espoirs et de tragiques déceptions, plusieurs possibilités s’offrent à vous : envolez vous  pour l’Iran pendant les fêtes consacrées à l’évènement par le régime (début février de chaque année – vous venez de les rater de peu – pour découvrir la version officielle, mainte fois remodelée, de l’évènement) ou bien plongez vous dans l’un des livres suivants :
Les Jumeaux de la Révolution d’Ali Reza SADRY ALAI et Bernard HEBERT – L’infini 2008.
Roman historique. De Paris à Téhéran, de la fin du règne du Shah jusqu’au début de la guerre avec l’Irak, une belle histoire d’amour entre Nasrine et Ali, entourés de personnages vivant chacun, à leur façon, une partie de l’histoire du pays : pro-Shah, proche de Khomeyni, étudiant, bazari, ancien de la Savak, pasdaran … tous emportés dans la spirale de l’histoire …
Les anges ne reviendront pasde Firouz NADJI-GHAZVINI – Denoël 2005
Roman. Téhéran, quelques jours avant la révolution islamique. La vie de quatre étudiants qui expriment leur angoisse et leur nostalgie d’un passé proche. Elégie d’une ville en train de disparaître, écrite avec beaucoup d’émotions et de poésie par un journaliste, essayiste et romancier iranien vivant en exil politique à Paris.
L’Iran au fil des joursde Gérard HEUZE – L’Harmattan 1990
Récit de voyage. L’Iran de la révolution décrit par un jeune étudiant suisse en sociologie qui a séjourné à Téhéran entre 1978 et 1980.
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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 13:09

Je venais juste de m’installer en Iran et recherchais un jeudi après-midi un coiffeur dans le haut de Valendjak, au nord de Téhéran. Je demandais à une charmante miss toute vêtue de noire que je venais de croiser à l’entrée d’un centre commercial de m’indiquer ou se trouvait le coiffeur le plus proche. Après quelques instants de surprise de croiser un étranger, de surcroit à la recherche d’un coiffeur, elle rassembla son meilleur anglais pour me dire : « cut your head ? You want to cut your head? Go upstairs, 2nd floor. ». Nous étions en 2005, à l’époque ou à quelques kilomètres de là, en Irak, des sauvages décervelés découpaient de la tête d’occidental en guise d’action politique. Je pris sa formulation pour une petite erreur de vocabulaire : hair, head - je ne sus que bien plus tard qu’elle ne faisait que traduire littéralement en anglais son farsi. Je trouvais assez facilement le coiffeur « coupeur de tête » en question. Il ne s’appelait pas « Al Qaida barber », les clients semblaient paisibles, je ne vis aucune tête sur le sol, bref je rentrais en confiance et m’installais sur un siège vacant pour attendre mon tour. Cela ressemblait en tout point à un salon de coiffure parisien avec des posters de belles gueules souriantes bien coiffées, une multitude d’échantillons de shampoing et autres produits de soin, des magazines et des journaux à la disposition de la clientèle. La seule différence majeure que je notais était l’absence totale de femme (les salons de coiffure iraniens ne sont pas mixtes). Quatre hommes attendaient patiemment leur tour en regardant une série qui passait sur une télé accrochée dans un coin de la pièce. Même le coiffeur s’arrêtait parfois de travailler pour jeter un coup d’œil sur l’écran. Je tentais de me fondre dans l’ambiance du salon en regardant moi même la série à laquelle je ne comprenais rien. Lorsque le coiffeur m’adressa la parole et compris que je ne parlais pas farsi mais seulement anglais, le centre d’intérêt se translata brutalement de l’écran vers ma petite personne. Il me proposa de venir m’installer à la place du client dont il venait de finir la coupe. Je refusais à deux reprises avec mon meilleur farsi : « na, na » en invitant les autres clients qui attendaient leur tour à respecter l’ordre d’arrivée. Ceux ci refusèrent deux fois en de grands mouvements de mains. J’acceptais donc de prendre leur tour (je ne sus que bien plus tard que leurs refus n’étaient qu’une forme de politesse en Iran à laquelle il aurait fallu que je refuse 3 fois …). Le coiffeur éteignit la TV et mit une cassette de Bob Dylan, pour mettre en confiance et accueillir comme il se doit l’étranger que j’étais.

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2 janvier 2008 3 02 /01 /janvier /2008 18:36

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Il est rare d’avoir la possibilité de voir sur nos écrans un film iranien qui a eu du succès en Iran. Pour nous, le cinéma iranien se résume trop souvent aux films de Kiarostami, Panahi, Makhmalbaf père et fille, films primés dans de prestigieux festivals européens mais pour la plupart interdits de diffusion en Iran.
Ce film nous plonge à Téhéran le jour de tchahar chambé soury (littéralement la fête du mercredi et traduit ici par la fête du feu), antique fête persane préislamique annonçant le nouvel an, ou la quasi-totalité de la population iranienne aime à sortir dehors autour d’un feu. On suit quatre personnages pendant une longue journée : la jeune Rouhie, pleine de vie, future mariée, qui se rend chez un couple de classe moyenne pour une journée de ménage et leur voisine, tenant un salon de coiffure. L’action se passe à Téhéran mais aurait très bien pu se passer ailleurs. Un scénario intelligent qui déroute le spectateur. Un film également très rythmé.
La fête du feu ne sort malheureusement qu’avec dix copies pour toute la France.
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 15:10
Depuis plusieurs centaines d’années, les Bakhtiari partagent leur vie entre deux lieux : en hiver dans les chaudes plaines du Khuzistan et en été dans les montagnes de Zagros (à l’ouest d’Esfahan). Ils vivaient auparavant en complète autarcie. Ils vendent maintenant leur artisanat (tissage de tapis, de sacs …) et quelques produits laitiers à Esfahan.

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Vous pouvez voir d'autres clichés dans l'album photos: L'Ouest de l'Iran.
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 00:00
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Comme dans de nombreuses dictatures, un véritable culte de la personnalité est voué aux chefs en Iran. Vous ne pouvez pas vous promener sans voir ces deux portraits plusieurs fois par jour dans toutes les administrations évidement mais également dans quasiment tous les magasins, dans la rue… en photo, en peinture, à la TV…
 
Bon, en France, on ne peut pas ouvrir un journal TV, papier ou radiophonique sans y voir ou entendre notre Président …
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 00:00

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Je pensais auparavant que tous les moutons se ressemblaient … jusqu’au jour ou j’ai croisé ces moutons dans les montagnes du centre-ouest de l’Iran … qui semblent tout droit sortis du muppet show !
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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 00:00

roudaki.jpg
Ce monde n’est que vent, ce monde est légende fugace,
Jouis donc de ta vie en savourant les yeux noirs des grâces,

Jouis donc de l’instant, de cet instant qui passe 
Maintenant oublie le passé, oublie tes hélas,

Plus rien n’existe pour toi sauf ces boucles parfumées,
Plus rien n’existe pour toi sauf ce ravissant visage de fée ;

Sache que la fortune sourit à celui qui sait donner et prendre,
Et l’infortune s’accroche à celui qui ne sait ni offrir ni prendre ;

Verse-toi donc du vin, qu’importe que tout trépasse,
Ce monde n’est que vent, ce monde n’est que nuée, hélas.

 
Il y a plus de vérité dans ces dix vers que l’on ne pourrait trouver dans une bibliothèque entière.
Originaire d’un petit village de montagne à l’est de Samarkand (actuellement en Tadjikistan), Roudaki fut le poète officiel de l’émir samanide Nasr II (914-943) qui le couvrit d’honneur. Il est le premier grand poète de la littérature persane. Il cultiva presque tous les genres : panégyrique, élégie funèbre, lyrisme amoureux, poésie bachique, poésie narrative et morale. Il mit en vers le célèbre recueil de fables d’origine indienne connu sous le nom de Kalilé et Demmé, qui devait connaître un énorme succès en Orient avant d’être la source principale de La Fontaine. La tradition lui prête une œuvre considérable, qui malheureusement a presque entièrement disparu. Aveuglé sur la fin de sa vie, peut être à cause de ses opinions religieuses, Roudaki retourna mourir dans son pays natal.
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