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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 00:00

dowlatabadi3.jpg

Mahmoud DOWLATABADI est l’un des romanciers iraniens contemporains les plus connus et réputés en Iran mais également à l’étranger. Nombres de ces romans sont traduits en plusieurs langues. Il n’existe malheureusement pour le lecteur francophone que ces cinq nouvelles.

 

Nous avons à faire à de la grande littérature. L’auteur nous plonge dans la vie rurale iranienne du début du siècle, une société presque médiévale, lestée par le poids des traditions, secouée par les éléments néfastes de la modernité. On peut parler de roman social. Mais l’auteur, issu du monde rural, se limite plus à décrire qu’à revendiquer. Ces écrits l’ont néanmoins conduit dans les prisons du Shah pendant deux longues années.

 

Son style froidement descriptif des choses et des êtres, qui semble presque extérieur à la souffrance et à la misère des personnages qu’il décrit, donne au récit la force d’un témoignage.

 

Il s’agit de déchéance sociale, d’enfants esclaves, de femmes maltraitées, d’injustice. Il n’y a plus d’espoir pour ces personnages. La seule sortie possible : l’opium, la folie ou la mort.

 

Cette description de l’Iran pré-révolutionnaire nous permet de comprendre le terreau fertile duquel naîtra la révolution islamique qui se voulait en rupture avec le pouvoir féodal (et royal) mais également  vis-à-vis de la modernité.

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 00:00

20070813-Attar.jpgCe grand mystique du XIIième siècle, qui aurait vécu 101 ans, aurait d’abord exercé le métier de droguiste. Un jour, un derviche vint frapper à sa porte. Attâr décide brusquement de fermer sa boutique pour partir à la recherche de soi-même tout en découvrant le monde. L’œuvre littéraire de ce poète prolifique révèle la haute spiritualité de l’auteur ainsi que sa fertile imagination. Parmi ses écrits, on peut citer le célèbre Colloque des oiseaux, diffusé en occident au moyen âge et qui aurait inspiré non seulement Chaucer (Geoffrey de son petit nom, poète anglais du XIV ième siècle, que l’on pourrait qualifié de poète à 16 pounds – il a été capturé par les français lors du siège de Reims et libéré en contrepartie de cette somme) mais également Victor Hugo dans la légende des siècles. Lors de l’invasion mongole, Attâr aurait été décapité par un soudard qui cherchait à le vendre à bon prix. Triste fin pour un poète.

 

Puis s’ouvre la vallée de l’amour, enflammant quiconque la pénètre.

Dans cette vallée tout est flamme, et pour jouir il te faut le feu de l’être.

 

L’amoureux est pareil à la flamme, comme elle chaleureuse, brûlante et rebelle.

Il n’est jamais prudent, mais toujours prêt à incendier l’univers pour sa belle.

 

Il ne peut, un instant, sombrer dans le doute ou la certitude, ni se croire infidèle ou fidèle,

Car, en amour aucune différence entre le bien et le mal, rien n’existe, si ce n’est qu’Elle.

 

O toi l’incrédule, ce discours ne te concerne pas car, un hérétique ne peut l’entendre.

Le fidèle d’amour joue comptant tout ce qu’il a, prêt à risquer sa vie pour son amie tendre.

 

Les autres soupirants remettent leur promesse à demain, mais le fou d’amour la tient sur le champ.

Le fidèle d’amour se doit de consumer son être pour se délivrer du chagrin et du tourment

 

Tant que son être ne sera pas consumé, il ne pourra vendre l’élixir rubis de son cœur.

Tant que le faucon n’a pas atteint sa proie, à la fébrilité il reste la proie.

 

Tant que le poisson demeure sur le rivage il s’agite, car le goût de la mer toujours l’habite.

Dans cette vallée, du feu de l’amour sort le fumée de la raison, car quand vient l’amour, on voit fuir la raison.

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 00:00
blagues-turque.jpg

Les iraniens ont une multitude de blagues sur les azéri - peuple vivant dans le nord ouest de l’Iran (dans la région de Tabriz) et en Azerbaïdjan. C’est en quelque sorte nos belges.

 

Par exemple : un biologiste iranien travaillait depuis plusieurs années sur la corrélation entre la taille des cerveaux et l’intelligence des différentes personnes disséquées. Un jour, il commença l’étude de l’azéri. A sa grande surprise, le cerveau de l’azéri n’était composé que d’un tube reliant les deux oreilles. Il passa plusieurs semaines à essayer de comprendre quels étaient les liens entre les différentes régions de son cerveau et les différentes formes d’intelligence… en vain.

Un matin, il, décida le tout pour le tout et coupa le tube en son milieu. Les deux oreilles de l’Azéri tombèrent !

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Published by Fabor - dans Société
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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 00:00
Cette filmographie n’a aucune volonté d’exhaustivité. Ce ne sont que les films iraniens que nous avons vus et aimés et que nous vous conseillons.

 

Persépolis de Marjane SATRAPI – 2007 - Censuré

Voir l’article

 

Hors Jeu de Jafar PANAHI – 2006 – Censuré

voir l’article

 

Le Regard de Sepideh FARSI –– 2006

Voir l’article

 

Tabous de Mitra FARAHANI – 2004 – Censuré

Documentaire. Comment, dans la société iranienne contemporaine, l’amour et la sexualité se faufilent au travers des interdits de la tradition et de la religion ?

 

Marmoulak de Kamal TABRIZI 2004 – Autorisé puis censuré

Comédie avec pour thème central, les Mollahs. Un vrai régale ! Film culte de la jeunesse iranienne censurée après quelques semaines de projection. Les DVD s’arrachent sous le manteau.

Voir l’article

 

Une nuit de Niki KARIMI – 2004

Joli petit film intimiste

Voir l’article

 

Le dortoir des filles de Mohammad Hossein LATIFI

Une sorte de psychose avec la force d’un the ring ; efficacement terrifiant !

Voir l’article

 

Sang et or de Jafar PANAHI – 2003 - Censuré

Les jours précédant un suicide. On se plonge intégralement dans la peau de Hussein, sa lenteur, son hébétude face aux désordres et au chaos du monde qui l’entoure. Son impuissance aussi, qui le pousse jusqu’au suicide.

 

Ten de Abbas KIAROSTAMI– 2002 - Censuré

Minimaliste, intégralement filmé de l’intérieur d’une voiture. Une femme, divorcée, tente de regagner la confiance et l’amour de son jeune fils.

 

Le tableau noir  de Samira MAKHMALBAF – 2000

 

Un temps pour l’ivresse des chevaux de Bahman GHOBADI – 2000 – Caméra d’or à Cannes

 

Le cercle de Jafar PANAHI – 2000 – Lion d’Or à Venise 2000 - Censuré

Destin croisé de femmes à Téhéran. Sombre. Le premier plan du film est l’ouverture d’un vasistas d’une porte d’un hôpital annonçant la naissance d’une fille, le dernier plan est la fermeture d’un vasistas d’une porte de prison pour femmes. Pur produit pour l’exportation. Efficace. Evidemment interdit par le régime islamiste.

 

Rouge de Fereidun JEIRANI – 2000

Histoire d’amour qui finie mal. Ou lorsque la jalousie et les traditions peuvent entraîner une spirale passionnelle allant jusqu‘au crime.

 

Sous la peau de la ville de Rakhshan BANI-ETEMAD – 2000

Immense succès en Iran d’une des plus grandes réalisatrices iraniennes contemporaines.  A Téhéran, dans un climat tendu pendant les élections parlementaires de 1998, une mère travaille durement à l’usine pour faire vivre sa famille. Abbas, l’aîné des fils, qui rêve d’ascension sociale et d’une vie meilleure pour sa famille, tente d’obtenir un visa pour aller travailler à l’étranger.

 

Le vent nous emportera de Abbas KIAROSTAMI – 1999

 

La pomme de Samira MAKHMALBAF - 1998

Premier long-métrage de la fille de Mohsen MAKHMALBAF. Tiré d’une sombre histoire vraie, celle de deux fillettes que leur père enferme dans une cage pour permettre à sa femme, aveugle, de les surveiller… 

 

Le goût de la cerise de Abbas KIAROSTAMI – Palme d’Or Cannes 1997

 

Le ballon blanc de Jafar PANAHI – 1995 –Caméra d’Or à Cannes

Les aventures d’une petite fille à la veille du nouvel an iranien, Norouz, et son désir d’acheter un poisson rouge. Filmé en quasi continu.

 
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Published by Fabor - dans Cinéma iranien
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25 août 2007 6 25 /08 /août /2007 00:00
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Suite à l’article de juin, beaucoup de lecteurs nous ont fait part de quelques commentaires. De nombreux mots français d’origine perse sont passés par des intermédiaires : souvent l’arabe mais aussi parfois l’italien, l’anglais ou plus anciennement via le latin ou le grec. Il faut également préciser que le farsi (persan) est comme le français une langue indo-européenne. De nombreux mots comme père (padar), mère (madar), deux (do), est (ast) doivent avoir des origines communes sans pour autant provenir directement l’un de l’autre.

 

Nous pouvons néanmoins rajouter à la liste les mots suivants :

 

Azur : du persan lazward (bleu clair intense), via l’arabe lazurd

Epinard : du persan asfinâj, cette plante est originaire de perse.

Jasmin : du persan yasmin , via l’arabe yâsamîn

Kiosque : du persan kûsk qui veut dire palais, via l’italien chiosco lui-même emprunté du turc kösk (pavillon de jardin).

Lascar : du persan laskar, troupe militaire, armée, via l’arabe El Askarry

Limon (limonade) : fruit du limonier (sorte de citron) ; du persan limon, via l’italien limone.

Orange : du persan nâranj qui est une orange amère que nous ne consommons pas en Europe. L’orange sucrée vient de Chine, importée par les portugais au XVIième siècle ;

Tambour : du persan tabir

 

Et plus récemment, le mot ayatollah, qui est rentré dans la langue française avec une interprétation très contemporaine et éloignée du sens originel.

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Published by Fabor - dans IRAN à Paris
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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 00:00

Cette question (Voulez vous du thé ?) vous sera posée maintes fois dans la journée, dans une administration, chez des particuliers… Si vous êtes en manque, vous pouvez vous arrêter dans une maison de thé (tchaï khãné). Dans la plupart des entreprises, des employés sont exclusivement chargés de préparer et servir du thé aux autres employés. Le thé se boit ici brûlant, avec un petit morceau de sucre serré entre les dents. Selon les saisons et les lieux, il sera accompagné de dattes ou de biscuits secs. Curieusement, la tradition du thé n’a été introduite en Iran qu’à partir du XIXième siècle par les russes qui importèrent également le Samovar qui trône maintenant dans toutes les demeures iraniennes. Auparavant, le café prédominait.

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Published by Fabor - dans Société
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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 00:00

Robert-Byron-route-d-oxiane.jpg

Récit de voyage. L’auteur, esthète anglais, entreprend un long voyage de Venise à l’Inde, en passant par la Perse, à la recherche des origines de l’architecture et de la culture islamiques. Description drôle et vivante de son voyage qui ne manque pas d’anecdotes, de rencontres et d’évènements insolites. Ce livre vous permet un double voyage spatial (dont de longues pages sur l’Iran) et temporel (les années 30). Néanmoins parfois très (trop ?) british façon début du siècle.

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 00:00
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A l’extrême ouest de l’Iran, le lac d’ORUMYEH est le plus grand lac d’Iran (plus de 6000 km2) : bleu turquoise, salinité plus élevée qu’en mer (qui peut atteindre jusqu'à 25% en été!) et parsemé d'une cventaine d'îles. Si vous avez de la chance, vous pourrez y voir quelques pélicans, des flamands roses … Juste un petit conseil avisé : si vous êtes en voiture, hésitez à deux fois avant de décider de traverser le lac en son milieu. Des bateaux vétustes vous offrent la traversée pour trois fois rien mais il vous faudra peut être attendre de nombreuses heures avant de pouvoir embarquer (pour nous ce fut 5 heures, en plein cagnard). Contourner le lac peut être une alternative plus intéressante.

 

 La ville d’ORUMYEH est impressionnante pour son métissage. Ici, chrétien, musulman chiite, musulman sunnite, kurde, turc, arménien, assyrien et perse cohabitent en harmonie… alors qu’à quelques kilomètres de là, à Bagdad, les sunnites et les chiites s’entretuent suite à la croisade américaine. La ville vaut également par son bazar : on y trouve de tout comme dans tout bazar iranien mais plus spécifiquement du concentré de tomates, de la laine de mouton vendu brut, des slips découpés dans le drapeau américain. Quelques échoppes dans un coin du bazar travaillent le fer comme dans l’ancien temps : Voir l’article

Participation à un mariage entre deux amis de familles kurde et azéri. Cela danse frénétiquement toute la soirée. Un bar avec alcool frelaté de fabrication maison se tient à l’écart. J’y suis convié pour déguster un petit whisky. Je tente tant bien que mal d’éviter d’y retourner lorsque l’alcool maison frelaté appelé vodka servit dans un jerrican plastique de quinzaine de litres est servi !

Il y a également des ruines impressionnantes à Hasanlu, site archéologique qui aurait été habité en plusieurs périodes, la première commençant au sixième millénaire avant JC. Vraiment difficile à trouver car aucun panneau ne vous aide. Il suffit de demander à un passant à chaque intersection, si vous avez la chance d’en voir un passer et si vous arrivez à communiquer en azéri.

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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 00:00

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Traverser une rue à Téhéran est un sport à part entière. Piétons, deux roues, voitures, bus et camions offrent quotidiennement un ballet impressionnant. D’autant plus impressionnant lorsque vous êtes un piéton. En tant que français, on met énormément de temps avant de pouvoir se lancer comme un grand. Pendant six mois, je me mettais juste derrière un iranien pour pouvoir traverser certains grands boulevards…

Voila un peu ce que cela peut donner. C’est pire que GTA2 !  lancez vous !

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 00:00

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Splendide promenade musicale en pays kurde. Bahman Ghabadi, que nous avions connu en 2000 lors de la sortie de son premier film « Un temps pour l’ivresse des chevaux » (caméra d’Or à Cannes), nous emmène avec ce quatrième opus dans les montagnes kurdes, avec Mamo, vieille gloire de la musique kurde, et ses dix fils, qui prennent la route (du Kurdistan iranien vers le Kurdistan irakien en passant par le Kurdistan turque) pour donner un ultime concert en Irak libre.

Certains lui reprocheront quelques lenteurs. Un ton parfois un peu lourd, parfois maladroit. Certes. Mais, pourquoi ne pas apprécier ce film pour ce qu’il est : une simple ballade poétique et musicale en pays kurde.

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Published by Fabor - dans Cinéma iranien
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