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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 00:00

Un séisme de magnitude 5,9 sur l’échelle de Richter est survenu à 140 km au sud de Téhéran sans faire heureusement de victimes (18/06), le porte-parole de la diplomatie iranienne a qualifié d’acte « d’islamophobie » la décoration par la Reine Elisabeth II de l’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort dans une fatwa lancée par l’Ayatollah Khomeiny en 1989 (17/06), une centaine de personnes, membre de groupes ultraconservateurs étudiants, ont manifesté en lançant des œufs et des pierres sur la représentation diplomatique britannique à Téhéran pour protester contre la présence d’iraniens à la fête organisée pour le 81ème anniversaire d’Elisabeth II (15/06), il ne resterait plus qu’une petite centaine de léopards iraniens en liberté selon l’Iranian Cheetah Society, la documentariste franco-iranienne Mahrnoushe Solouki est toujours frappée d’une interdiction de sortie du territoire iranien (elle avait auparavant été retenue pendant un mois dans la tristement célèbre prison d’Evin de laquelle elle n’a pu sortir qu’en déposant une caution de l’ordre de 80 000 € (AFP, 22/06), des députés conservateurs ont lancé une campagne visant à discréditer l’ancien président Khatami en affirmant qu’il aurait serrer la main de plusieurs femmes lors d’un voyage en Italie (sic !), le directeur de la Société des télécommunications iraniennes a déclaré qu’il souhaitait récompenser les délateurs qui dénonceront les personnes envoyant par téléphones mobiles des messages multimédias jugés « immoraux » (AFP, 25/06), l’une des grandes figures de la musique iranienne Mahasti est décédée (25/06), les autorités iraniennes ont lancé une chaîne satellitaire d’information en continu en anglais … pour contrer la propagande des chaines américaines, le groupe fromager français Bel a annoncé son implantation en Iran par l’intermédiaire d’une joint-venture (AFP, 26/06),  le rationnement de l’essence, entré en vigueur le mercredi 27 Juin a semé le chaos dans tous le pays : douze stations service ont été incendiées à Téhéran (27/06), un gazoduc de plusieurs milliards de dollars reliant l’Iran à l’Inde via le Pakistan sera opérationnel en 2011, le Président Ahmadinejad a rejeté l’offre du réalisateur américain Oliver Stone de lui consacrer un film, les réserves en devises de l’Iran dans les banques étrangères ont atteint 61,4 milliards de dollars fin mars 2007 selon un communiqué de la banque centrale iranienne (AFP, 30/06), les présidents iranien Mahmoud Ahmadinejad et vénézuélien Hugo Chavez ont scellé l’alliance entre leurs deux pays, fondée sur l’antiaméricanisme (dixit les deux protagonistes), en posant la première pierre d’une coentreprise de production de méthanol en Iran (AFP, 02/07), une féministe iranienne, Delaram Ali, a été condamnée à 10 coups de fouet et à une peine de deux ans et dix mois pour « participation à un rassemblement illégal », « propagande contre le système » et « perturbation de l’ordre public » (elle avait été interpellée en juin 2006 lors d’une manifestation à Téhéran pour « l’égalité entre les sexes »), un iranien condamné pour adultère a été tué par lapidation dans le nord du pays (AFP, 05/07), seize étudiants iraniens ont été arrêtés ce jour dont des membres d’une organisation d’étudiants réformateurs (AFP, 10/07), le Président Mahmoud Ahmadinejad a dissout l’Organisation de plan et du budget, l’intégrant à la présidence de la république, ce qui va renforcer son contrôle sur les finances de l’état (AFP, 12/07), l’Iran a lancé un jeu vidéo mettant en scène un commando iranien ayant pour mission de libérer un couple de scientifiques enlevé par des américains en Irak avant d’être emmenés en Israël (AFP, 16/07)le orange est à la mode… aussi en Iran.

 

Et pendant ce temps là en Iran … en Juin

Et pendant ce temps là en Iran … en Mai

Et pendant ce temps là en Iran … en Avril

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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 00:00

Minab-Femme-avec-un-borqe.JPG

Dans le sud-est de l’Iran et principalement à Minab, vous pouvez croiser des femmes portant un curieux masque. Une bande de tissu rigide masque l’intégralité du visage avec une partie perpendiculaire au niveau du nez. Pour en avoir essayé un sur le marché de Minab (qui, d’ailleurs, mérite d’y faire un détour), je peux vous dire que cela donne chaud et que l’on ne voit plus très bien. Des ethnologues font remonter cette « mode » à l’époque lointaine ou les portugais avaient investi la région. Les femmes des colons se protégeaient le visage du soleil avec un masque de tissus similaire. Il faut dire qu’à l’époque, la mode était à la peau blanche et que le soleil du sud de l’Iran peut très rapidement bruler même une peau basanée. Des raisons esthétiques mais également religieuses ont poussé les femmes autochtones – il faut lire « ont été poussées par les hommes » - à adopter cette mode.

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17 juillet 2007 2 17 /07 /juillet /2007 00:00

petite-histoire-du-cinema.JPG

Musée du Cinéma à Téhéran

Depuis sa naissance, le cinéma iranien entretient d’étranges liens avec le pouvoir. Tout commence lors d’un voyage en Europe du Shah Mozaffar Ed-In qui achète une caméra et demande à son photographe officiel de filmer une parade florale à Ostande, le 18 août 1900. Ainsi naît le premier film iranien.

 

Longtemps, le cinéma ne restera qu’un jouet à usage privé aux mains du Shah. Même si les premières salles voient le jour rapidement, dès 1904, elles ne prendront leur essor à Téhéran et en province qu’à partir des années 20. En 1928, une salle de cinéma exclusivement réservée au public féminin est même ouverte. Une expérience audacieuse qui se révélera un échec commercial.

 

Malgré quelques réticences de la part des religieux au début, le cinéma trouva peu à peu une légitimité dans une société traditionaliste. Il faut attendre néanmoins 1932 pour que soit réalisé le premier long métrage Hadji Agha, acteur de cinéma de Ovanes Ohanian – film muet montrant de façon parodique les hostilités à ce nouvel art venant d’occident. Le premier film parlant, La fille de la tribu Lor d’Ardeshir Irani et Abdol Sepanta est également le premier film censuré. Les autorités imposent au réalisateur une fin de propagande absurde : un voyant annonçant qu’un jour une étoile, Reza Shah, sortira le pays du chaos et du banditisme et lui redonnera la gloire du passé. La production iranienne se fait rare et le public y préfère les productions américaines, indiennes et égyptiennes. Dans les années soixante, la production iranienne devient plus importante avec des films de divertissement fortement inspirés des films indiens et égyptiens, souvent d’une qualité ordinaire. Ils ont souvent comme héros des voyous au grand cœur (les djahels) et, à travers eux, sont indirectement abordés les thèmes de la pauvreté, de l’injustice sociale – maux dont souffre alors une grande partie de la population.

 

Le « cinéma d’auteur » prend forme également dans ces années avec Farrokh Gaffari, assistant d’Henri Langlois et fondateur de la cinémathèque d’Iran en 1958, auteur de Sud de la ville (1958) qui resta interdit pendant cinq ans, Ebrahim Golestan, auteur de la brique et le miroir (1965) ou encore La maison est noire (1962) réalisé par Forough Farrokhzad (une femme !). Entre nouvelle vague, néoréalisme italien et fatalisme chiite, toute une génération de réalisateurs prennent leur caméra pour dénoncer la misère de la population : la vache de Dariush Mehrjuï (premier film iranien à avoir reçu des prix à l’étranger), Gueyssar de Massoud Kimiaï et un certain Kiarostami avec le passager. Ce mouvement prend le nom de Cinemay-é-motafavet (cinéma différent). Devant passer entre les mailles de la censure, ces cinéastes jouent de finesse, en multipliant les niveaux d’interprétations, pour dénoncer les excès du régime et l’incapacité de la société à fonctionner dans un pays ou le modernisme se butte brutalement aux traditions ancestrales.

 

A la révolution islamique, on aurait pu croire que s’en était fini de l’industrie cinématographique iranienne. Toutefois, au lendemain du triomphe du 11 février 1979, l’ayatollah Khomeiny fait une déclaration surprenante : non seulement il ne prend pas position contre le cinéma, mais il l’encourage … tout en traçant une ligne directive « islamiquement correcte ». En quelques mois, le régime impose toute une série de règles non écrites : la sympathie du spectateur ne doit pas aller au criminel ou a celui qui a péché, le mariage et la famille doivent être respectés (aborder le sujet du divorce n’est autorisé qu’à partir de 1998 et ne peut être filmé que sous un jour négatif), l’adultère ne doit pas être évoqué, les hommes et femmes ne doivent pas se toucher (même s’ils sont mariés), il est interdit de montrer une femme maquillée, le blasphème est strictement interdit, les religieux ne peuvent être dépeints comme des personnages comiques ou malhonnêtes…

 

Un cinéma de propagande voit également le jour. De jeunes idéalistes révolutionnaires dénoncent l’ancien régime et mettent à l’honneur les valeurs de la révolution. Les titres de certains de ces films parlent d’eux-mêmes : Quand le peuple se lève, Les Rizières sanglantes, Les Révoltés, Le Cri du moudjahid, Le Soldat de l’islam, La Pluie de sang...

 

Le premier film postrévolutionnaire iranien recevant un prix à l’étranger est le coureur d’Amir NADERI en 1985. A partir de là, de nombreuses œuvres, même si leurs projections sont interdites en Iran, sont autorisées à être exportées et connaissent un vif succès en Europe : Abbas KIAROSTAMI, Mohsen et Samira MAKHMALBAF, Jafar PANAHI, Hassan YEKTAPANAH, Bahman GHOBADI … leur Censure est parfois un gage de publicité pour accrocher un prix à l’étranger.

 

Pour aller plus loin, nous vous conseillons deux ouvrages :

 

Histoire du cinéma iranien 1900-1999, édité par la Bibliothèque publique d’information du centre Pompidou, écrit par un collectif dont Mamad HAGHIGHAT

 

Politique du cinéma Iranien, de l'âyatollâh Khomeiny au président Khâtami, Editions du CNRS, écrit par Agnès Devictor, Paris 2004.

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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 00:00

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Il faut certes énormément de passion, de courage, d’habilité pour déjouer ou contourner la censure et de patience pour monter une pièce de théâtre à Téhéran. Mais cette ville regorge de gens passionnés et courageux. De nombreuses troupes se produisent régulièrement dans les quelques théâtres de Téhéran, de Mashad ou d’Isfahan. Des représentations privées sont également souvent organisées. Même si les thèmes abordés et la mise en scène doivent passer par la lorgnette de la censure, les metteurs en scène se servent de leur renommé ou plus souvent de leur habilité pour montrer un théâtre moderne. Le jeu reste néanmoins dangereux. Les agents censeurs contrôlent tout d’abord le scénario et demandent souvent des coupes, des adaptations et souvent un peu de cash, puis viennent régulièrement voir le progrès des répétitions en n’oubliant quasiment jamais de demander un peu de cash, puis lors de la dernière (… pour un peu de …). Par la suite, il ne faut surtout pas essayer de changer la mise en scène car ils viennent incognito pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’entorse à la morale islamique. Ne soyez pas non plus étonné s’ils vous demandent également un peu …

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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 00:00

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À partir de la seconde moitié du IIième millénaire, le cheval, domestiqué depuis environ 500 ans, ne fut plus seulement attelé mais monté. De nouvelles techniques d'harnachement se développèrent, notamment celle du mors, dont les plaques, disposées de part et d'autre de la bouche du cheval reçoivent l'extrémité des rênes et des courroies de tête. A la fin de l'âge du fer, durant les VIIIe et VIIe siècles av. J.-C., ces plaques devinrent au Luristan, de véritables œuvres d'art. Mors, passants de courroie, ornements de poitrail, chanfreins, grelots, pompons et passementeries diverses se multiplièrent, particulièrement à partir du XIe siècle av. J.-C. Le site de Hasanlu, en bordure du lac d’Orumiyeh, au nord-ouest de l'Iran, en offre la collection la plus riche et la mieux documentée, avant que le Luristan ne prenne le relais de cette production au VIIIe siècle av. J.-C. Par exemple, ce magnifique mors en forme de génie ailé et cornu, avec de grandes oreilles, qui fait parti des collections du Louvre.

 

Pour ceux qui s’intéressent à l’artisanat du Luristan, précipitez vous au Louvre !

Pour découvrir les lors du début du XXième siècle, vous pouvez également vous plonger dans la lecture du récit de Freya Stark dans les années trente (cliquer ici).

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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 00:00

Dôme de batiment du parc de Fin , à Kashan

Ayatollah, littéralement « signe de Dieu », est un des plus grands titres honorifiques des musulmans Chiites depuis environ un siècle en Iran. Il n’y a pas de règles précises d’attribution, ce titre étant généralement donné par d’autres Ayatollahs. Cette distinction montre une différence majeure d’avec les Sunnites, dont les plus rigoristes, montrent une certaine réticence à reconnaître toute hiérarchie religieuse ou même l’existence d’hommes ayant une relation privilégiée avec Dieu. Pour les Chiites, au contraire, le clergé est investit d’une mission divine : expliquer ce qu’attend Dieu des hommes, organiser le culte mais également la vie de la cité, en attente du retour de l’Iman absent.

Un Ayatollah est intouchable. C’est pour cela que KHOMEYNI dut s’exiler en 1962 et ne fut pas arrêté, que l’Ayatollah SHARI’AT MADARI fut assigné à résidence dans sa maison de Qom jusqu’à sa mort en 1986 lorsqu’il commandita un complot à l’encontre de KHOMEYNI juste aux premières heures de la révolution islamique, ne partageant pas sa conception du pouvoir, alors que bon nombre des partisans qui l’avaient suivi furent arrêtés et exécutés. Un autre Ayatollah, très populaire en Iran, Mohammad Hoseyn MONTAZERI, fut évincé du pouvoir et démis de son titre et de ses fonctions lorsqu’il critiqua ouvertement les exécutions sans jugement des Moudjahidines du peuple en 1986. Il a publié un livre (hors d’Iran) exposant les jeux de pouvoir lors de la révolution islamique et intervient fréquemment pour dénoncer les dérives du pouvoir actuel et proposer des alternatives à la République Islamique d’Iran.

Il est surprenant de noter que le mot est rentré dans la langue française, dans un sens négatif « ne fait pas ton Ayatollah ! », pour dire « ne décide pas tout seul, comme un dictateur qui prétend tout savoir … ».

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 00:00


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Les cinq poèmes de Nezâmî sont l’une des plus célèbres œuvres de la littérature médiévale persane. A la fois recueil de poèmes, de textes issus du folklore et ouvrage philosophique, ils ont été recopiés, enrichis, ornés maintes et maintes fois au cours des siècles grâce à des calligraphies, des enluminures et des peintures miniatures. L’un des textes les plus célèbres de ce recueil est l’histoire de Khosrow et Chirine, racontant la vie tumultueuse d’un souverain perse du VIIième siècle, amoureux d’une belle princesse, fille de la reine d’Arménie ; en quelque sorte le Roméo et Juliette perse. Ce livre serait à l’origine du conte des milles et une nuits.

Il est étonnant de voir qu’en pleine période médiévale persane, durant laquelle l’homme avait droit de vie et de mort sur sa ou (ses) femme(s), Nezâmî rend l’amour sacré, prône dans ses poèmes l’érotisme à égalité de consentement et de contentement.

A l’aube, quand le roi s’éveilla, il vit à ses côtés ce dattier sans épine qu’était Chirine.

En voyant sa jeune mariée son âme s’épanouit et, aussitôt il enfourna ce bon pain qu’était Chirine.

Les baisers de sa belle épouse, pareils à un vin velouté, le libérèrent vite de la torpeur.

Epanouie comme un bouquet de roses, Chirine lui déversa de ses lèvres le vin du bonheur.

Elle mit ses tresses noires autour de son cou et pressa ses deux seins de grenade sur sa poitrine.

Comme la violette à l’oreille de l’anémone, il ne faut plus attendre, lui murmura Chirine.

Lorsque le nuage dévoila toute la beauté de la lune, on vit le roi perdre toute patience.

Oui, contempler la beauté égare la raison, comme le vin de Chine fit perdre à Mani conscience.

Ivre de vin et d’amour, le roi se mit à piller cette province qu’était sa bouche sucrée.

Jamais, le roi n’avait bu plus doux vin matinal, ni goûté plus béni matinée.

Il commença, d’abord à cueillir ses fleurs, espérant ouvrir le sourire de sa rose.

Puis, il entonna pour elle son chant d’amour, s’invitant à goûter aux fruits de sa fraîcheur éclose.

Il se délecta du pommier de son menton, du jasmin de sa joue tout en caressant la grenade de ses seins.

Au cours de ses ébats, tantôt la colombe échappait au faucon, tantôt elle se posait en son sein.

Parfois, grisée par ce jeu délicieux, la douce colombe venait s’abriter sur sa forte poitrine.

Dans cette joute de la biche et du lion, le roi prit enfin le dessus sur Chirine.

Et surprenant la gardienne du trésor, de son rubis il déflora Chirine et le sceau de sa cornaline.

Ainsi, de son cœur il délivra la peine, et de l’hymen de cette rose chassa enfin la poussière.

… Ronsard et Du Bellay peuvent aller se rhabiller !

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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 00:00

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Les iraniens n'utilisent que très peu les chéquiers et les cartes bancaires (presque que pour les retraits dans des distributeurs pour ces derniers). On se ballade donc toujours avec du cash. Malheureusement, la plus grosse coupure est restée pendant longtemps le 20 000 Rials (soit 1,60 €). La banque centrale iranienne a d’ailleurs lancé récemment un billet de 50 000 Rials qui porte, pour l’anecdote, un magnifique logo nucléaire et un message « Si la science existe dans cette constellation, les hommes de Perse l’atteindront » (sic).

Néanmoins, pour les gros achats, cette nouvelle monnaie ne suffit pas. Pour éviter de se déplacer avec une mallette, il est possible de demander aux banques des sortes de  « bons de valeurs » de 500 milles, 1, 2 ou 5 millions de Rials. Lors du paiement, il n’est pas rare que le commerçant vous demande de noter votre nom et votre numéro de téléphone dessus. La première fois que cela se produisit, je fis la remarque à ma femme, alors qu’elle était en train de noter son nom, que cela me semblait curieux de devoir donner son numéro de téléphone sur un papier qui pourra par la suite circuler entre plusieurs mains. Mon épouse traduisit aussitôt mes propos au commerçant. Celui-ci me fit un clin d’œil complice et dit à mon épouse « les français sont donc aussi suspicieux et jaloux que les iraniens ».

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 00:00

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Nous connaissions les talents de Marjane Satrapi en tant que scénariste et dessinatrice de BD. Les quatre tomes de Persépolis nous plongeaient avec humour et intelligence dans l’Iran des Mollahs. Il s’agissait d’une révolution sanglante, de la mise en place d’une dictature violente et arbitraire, de la guerre avec l’Irak puis de l’exile en Europe. Des sujets graves décrits avec la naïveté d’une gamine de dix ans.
Ses BD sont un véritable hymne au rapprochement entre les citoyens du monde. Téhéran est certes situé à 6000 km de Paris, la majorité des iraniens ne partagent pas la même religion, ni la même langue, ni le même régime politique que nous. C’est un fait. Mais au fond, nous partageons les mêmes souhaits, les mêmes envies et les mêmes doutes. Seule la forme est parfois différente.

Marjane Satrapi: "Par le biais des médias, certaines populations sont transformées en notion abstraites, désincarnées. Notre rôle en tant qu'artistes, c'est de susciter de l'empathie chez le spectateur, qu'il puisse se dire:"ça aurait pu être moi". Je voulais montrer la vie quotidienne d'une famille en Iran pour incarner tous ces gens dont parlent les médias. Un peuple, c'est une notion abstraite. En parlant d'une personne en particulier, on a finalement plus de chances de tendre à l'universel."

 

Son film est tout aussi réussi que ces BD. Nous lui souhaitons un très grand succès !

Précipitez vous au cinéma !

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 00:00
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Petite bibliographie sommaire de livres iraniens contemporains traduits en français. Cette liste n’a aucune volonté d’exhaustivité. Ce ne sont que quelques ouvrages que nous avons lus et que nous avons aimés.

 

Shahrnoush PARSIPOUR - Femmes sans hommes – Lettres persanes - 2006

Ecrivaine iranienne contemporaine. Plusieurs histoires de femmes que rien ne lit, si ce n’est leur refus de la domination masculine.

 

Forough FARROKHZAD – La conquête du jardin-  Lettres persanes 2005

Recueil de poésies couvrant la période 1951 - 1965

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Ebrahim NABAVI Couloir n°6  - Actes Sud 2005

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Firouz NADJI-GHAZVINI    Les anges ne reviendront pas – Denoël 2005

Roman. Téhéran quelques jours avant la révolution islamique. La vie de quatre étudiants qui expriment leur angoisse et leur nostalgie d’un passé proche. Elégie d’une ville en train de disparaître.

Neige sur Téhéran – Denoël 2000

Roman. Les derniers jours de Bahman, écrivain solitaire, avant son exil, dans un Téhéran ténébreux et magique, cité fantôme dévasté par la guerre.

 

Ali ERFAN    Adieu Ménilmontant – Ed. de l’Aube - 2005.

Les damnés du paradis – Ed. de l’Aube

La Route des infidèles - Ed. de l’Aube

Le Dernier Poète du monde - Ed. de l’Aube

La 602e nuit - Ed. de l’Aube

Ma femme est une sainte - Ed. de l’Aube

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Goli TARAGHI Les trois bonnes  - Actes Sud 2004

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Azar NAFISI – Lire Lolita à Téhéran – Plon  2003

Récit. Apres avoir démissionner de l’Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, l’auteur réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans, sept de ses étudiantes pour découvrir différentes grandes œuvres de la littérature occidentale.

 

Chahdortt DJAVANN – Je viens d’ailleurs - 2002

Récit . Vingt ans de la vie d’une jeune iranienne révoltée par la violence du régime islamique. Premier roman de l’auteur, iranienne réfugiée en France depuis 1993 , écrit dans sa langue d’adoption.

 

Marjane SATRAPI – Persépolis- 2002

BD. L’auteur décrit avec beaucoup d’humour son enfance et son adolescence à Téhéran puis en Europe. Drôle, émouvant, bouleversant. Première BD iranienne, écrite en exile en France.

Et bientôt le film

 

 Reza DANESHVAR Le brave des braves  - L’esprit des péninsules 2001

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Collectif – Les Jardins de la solitude -  Nouvelles d’Iran – Mille et une nuits 2000

Recueil de nouvelles d’auteurs iraniens contemporains pour la plupart exilés : Asghar Abdollahi, Reza Daneshvar, Nassim Khaksar, Sharyar Mandanipour, Mahmood Massoodi, Akbar Sardouzami et Goli Taraghi.

 

Sadegh HEDAYAT – La chouette aveugle  - José CORTI 1953

Roman. Absurdité et cruauté de la vie. Regard désespéré sur le monde et la condition humaine. Rien à espérer de cette vie, rien non plus d’une autre. Beau et sombre à la fois. Très sombre.

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Pour aller plus loin, allez voir l’un de ces deux éditeurs irano-parisiens :

 

Lettres Persanes : Maison d’édition, espace culturel, 84 avenue de la République Paris 11

http://lettresperses.free.fr/LP/

 

Librairie Khavaran : Librairie et maisons d’édition, 14 cours de Vincennes, Paris 12

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