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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 16:07

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Une écriture épurée, d’une sobriété non habituelle dans la littérature persane.  De très courtes histoires de femmes, de petits instants de la vie quotidienne. Et pourtant se dégage de ces récits une réelle poésie, un hymne à la vie.

 

Sont également publiés aussi chez Zulma, « Le goût âpre des kakis », « Un jour avant Pâques », « On s’y fera »

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 09:37

Nasr Eddin ne se lève pas tôt le matin, en règle générale. Ses voisins au contraire, tous des paysans, sautent du lit au chant du coq, et ils ne voient pas d’un bon œil ces manières de fainéant.

Un jour donc, l’un d’eux se rend à son champ à l’heure ou le soleil perce juste à l’horizon, et trouve une pièce d’or sur son chemin. Le soir, tout heureux, il vient raconter sa bonne fortune à Nasr Eddin.

-       Regarde comme cela m’a porté bonheur de me lever de grand matin ! Quand je pense qu’ils y en a qui paressent au lit …Si j’étais passé plus tard, jamais je n’aurais trouvé cette pièce : quelqu’un d’autre  l’aurait ramassé avant moi.

-       Mais qui te dit, objecte Nasr Eddin, qu’elle n’était pas déjà là hier soir ?

-       Si elle y avait été, je l’aurais vue en revenant hier. D’ailleurs là n’est pas la question.

-       Ô marcheur sans tête ! Toute la question est là, au contraire : celui qui a eu la malchance de la perdre s’était donc levé encore plus tôt que toi !

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce fameux mollah et se plonger dans ses aventures

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 00:00

roudaki.jpg
Ce monde n’est que vent, ce monde est légende fugace,
Jouis donc de ta vie en savourant les yeux noirs des grâces,

Jouis donc de l’instant, de cet instant qui passe 
Maintenant oublie le passé, oublie tes hélas,

Plus rien n’existe pour toi sauf ces boucles parfumées,
Plus rien n’existe pour toi sauf ce ravissant visage de fée ;

Sache que la fortune sourit à celui qui sait donner et prendre,
Et l’infortune s’accroche à celui qui ne sait ni offrir ni prendre ;

Verse-toi donc du vin, qu’importe que tout trépasse,
Ce monde n’est que vent, ce monde n’est que nuée, hélas.

 
Il y a plus de vérité dans ces dix vers que l’on ne pourrait trouver dans une bibliothèque entière.
Originaire d’un petit village de montagne à l’est de Samarkand (actuellement en Tadjikistan), Roudaki fut le poète officiel de l’émir samanide Nasr II (914-943) qui le couvrit d’honneur. Il est le premier grand poète de la littérature persane. Il cultiva presque tous les genres : panégyrique, élégie funèbre, lyrisme amoureux, poésie bachique, poésie narrative et morale. Il mit en vers le célèbre recueil de fables d’origine indienne connu sous le nom de Kalilé et Demmé, qui devait connaître un énorme succès en Orient avant d’être la source principale de La Fontaine. La tradition lui prête une œuvre considérable, qui malheureusement a presque entièrement disparu. Aveuglé sur la fin de sa vie, peut être à cause de ses opinions religieuses, Roudaki retourna mourir dans son pays natal.
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 00:00

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Mahmoud DOWLATABADI est l’un des romanciers iraniens contemporains les plus connus et réputés en Iran mais également à l’étranger. Nombres de ces romans sont traduits en plusieurs langues. Il n’existe malheureusement pour le lecteur francophone que ces cinq nouvelles.

 

Nous avons à faire à de la grande littérature. L’auteur nous plonge dans la vie rurale iranienne du début du siècle, une société presque médiévale, lestée par le poids des traditions, secouée par les éléments néfastes de la modernité. On peut parler de roman social. Mais l’auteur, issu du monde rural, se limite plus à décrire qu’à revendiquer. Ces écrits l’ont néanmoins conduit dans les prisons du Shah pendant deux longues années.

 

Son style froidement descriptif des choses et des êtres, qui semble presque extérieur à la souffrance et à la misère des personnages qu’il décrit, donne au récit la force d’un témoignage.

 

Il s’agit de déchéance sociale, d’enfants esclaves, de femmes maltraitées, d’injustice. Il n’y a plus d’espoir pour ces personnages. La seule sortie possible : l’opium, la folie ou la mort.

 

Cette description de l’Iran pré-révolutionnaire nous permet de comprendre le terreau fertile duquel naîtra la révolution islamique qui se voulait en rupture avec le pouvoir féodal (et royal) mais également  vis-à-vis de la modernité.

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 00:00

20070813-Attar.jpgCe grand mystique du XIIième siècle, qui aurait vécu 101 ans, aurait d’abord exercé le métier de droguiste. Un jour, un derviche vint frapper à sa porte. Attâr décide brusquement de fermer sa boutique pour partir à la recherche de soi-même tout en découvrant le monde. L’œuvre littéraire de ce poète prolifique révèle la haute spiritualité de l’auteur ainsi que sa fertile imagination. Parmi ses écrits, on peut citer le célèbre Colloque des oiseaux, diffusé en occident au moyen âge et qui aurait inspiré non seulement Chaucer (Geoffrey de son petit nom, poète anglais du XIV ième siècle, que l’on pourrait qualifié de poète à 16 pounds – il a été capturé par les français lors du siège de Reims et libéré en contrepartie de cette somme) mais également Victor Hugo dans la légende des siècles. Lors de l’invasion mongole, Attâr aurait été décapité par un soudard qui cherchait à le vendre à bon prix. Triste fin pour un poète.

 

Puis s’ouvre la vallée de l’amour, enflammant quiconque la pénètre.

Dans cette vallée tout est flamme, et pour jouir il te faut le feu de l’être.

 

L’amoureux est pareil à la flamme, comme elle chaleureuse, brûlante et rebelle.

Il n’est jamais prudent, mais toujours prêt à incendier l’univers pour sa belle.

 

Il ne peut, un instant, sombrer dans le doute ou la certitude, ni se croire infidèle ou fidèle,

Car, en amour aucune différence entre le bien et le mal, rien n’existe, si ce n’est qu’Elle.

 

O toi l’incrédule, ce discours ne te concerne pas car, un hérétique ne peut l’entendre.

Le fidèle d’amour joue comptant tout ce qu’il a, prêt à risquer sa vie pour son amie tendre.

 

Les autres soupirants remettent leur promesse à demain, mais le fou d’amour la tient sur le champ.

Le fidèle d’amour se doit de consumer son être pour se délivrer du chagrin et du tourment

 

Tant que son être ne sera pas consumé, il ne pourra vendre l’élixir rubis de son cœur.

Tant que le faucon n’a pas atteint sa proie, à la fébrilité il reste la proie.

 

Tant que le poisson demeure sur le rivage il s’agite, car le goût de la mer toujours l’habite.

Dans cette vallée, du feu de l’amour sort le fumée de la raison, car quand vient l’amour, on voit fuir la raison.

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5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 00:00


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Les cinq poèmes de Nezâmî sont l’une des plus célèbres œuvres de la littérature médiévale persane. A la fois recueil de poèmes, de textes issus du folklore et ouvrage philosophique, ils ont été recopiés, enrichis, ornés maintes et maintes fois au cours des siècles grâce à des calligraphies, des enluminures et des peintures miniatures. L’un des textes les plus célèbres de ce recueil est l’histoire de Khosrow et Chirine, racontant la vie tumultueuse d’un souverain perse du VIIième siècle, amoureux d’une belle princesse, fille de la reine d’Arménie ; en quelque sorte le Roméo et Juliette perse. Ce livre serait à l’origine du conte des milles et une nuits.

Il est étonnant de voir qu’en pleine période médiévale persane, durant laquelle l’homme avait droit de vie et de mort sur sa ou (ses) femme(s), Nezâmî rend l’amour sacré, prône dans ses poèmes l’érotisme à égalité de consentement et de contentement.

A l’aube, quand le roi s’éveilla, il vit à ses côtés ce dattier sans épine qu’était Chirine.

En voyant sa jeune mariée son âme s’épanouit et, aussitôt il enfourna ce bon pain qu’était Chirine.

Les baisers de sa belle épouse, pareils à un vin velouté, le libérèrent vite de la torpeur.

Epanouie comme un bouquet de roses, Chirine lui déversa de ses lèvres le vin du bonheur.

Elle mit ses tresses noires autour de son cou et pressa ses deux seins de grenade sur sa poitrine.

Comme la violette à l’oreille de l’anémone, il ne faut plus attendre, lui murmura Chirine.

Lorsque le nuage dévoila toute la beauté de la lune, on vit le roi perdre toute patience.

Oui, contempler la beauté égare la raison, comme le vin de Chine fit perdre à Mani conscience.

Ivre de vin et d’amour, le roi se mit à piller cette province qu’était sa bouche sucrée.

Jamais, le roi n’avait bu plus doux vin matinal, ni goûté plus béni matinée.

Il commença, d’abord à cueillir ses fleurs, espérant ouvrir le sourire de sa rose.

Puis, il entonna pour elle son chant d’amour, s’invitant à goûter aux fruits de sa fraîcheur éclose.

Il se délecta du pommier de son menton, du jasmin de sa joue tout en caressant la grenade de ses seins.

Au cours de ses ébats, tantôt la colombe échappait au faucon, tantôt elle se posait en son sein.

Parfois, grisée par ce jeu délicieux, la douce colombe venait s’abriter sur sa forte poitrine.

Dans cette joute de la biche et du lion, le roi prit enfin le dessus sur Chirine.

Et surprenant la gardienne du trésor, de son rubis il déflora Chirine et le sceau de sa cornaline.

Ainsi, de son cœur il délivra la peine, et de l’hymen de cette rose chassa enfin la poussière.

… Ronsard et Du Bellay peuvent aller se rhabiller !

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 00:00
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Petite bibliographie sommaire de livres iraniens contemporains traduits en français. Cette liste n’a aucune volonté d’exhaustivité. Ce ne sont que quelques ouvrages que nous avons lus et que nous avons aimés.

 

Shahrnoush PARSIPOUR - Femmes sans hommes – Lettres persanes - 2006

Ecrivaine iranienne contemporaine. Plusieurs histoires de femmes que rien ne lit, si ce n’est leur refus de la domination masculine.

 

Forough FARROKHZAD – La conquête du jardin-  Lettres persanes 2005

Recueil de poésies couvrant la période 1951 - 1965

Voir l’article complet

 

Ebrahim NABAVI Couloir n°6  - Actes Sud 2005

Voir l’article complet

 

Firouz NADJI-GHAZVINI    Les anges ne reviendront pas – Denoël 2005

Roman. Téhéran quelques jours avant la révolution islamique. La vie de quatre étudiants qui expriment leur angoisse et leur nostalgie d’un passé proche. Elégie d’une ville en train de disparaître.

Neige sur Téhéran – Denoël 2000

Roman. Les derniers jours de Bahman, écrivain solitaire, avant son exil, dans un Téhéran ténébreux et magique, cité fantôme dévasté par la guerre.

 

Ali ERFAN    Adieu Ménilmontant – Ed. de l’Aube - 2005.

Les damnés du paradis – Ed. de l’Aube

La Route des infidèles - Ed. de l’Aube

Le Dernier Poète du monde - Ed. de l’Aube

La 602e nuit - Ed. de l’Aube

Ma femme est une sainte - Ed. de l’Aube

Voir l’article complet

 

Goli TARAGHI Les trois bonnes  - Actes Sud 2004

Voir l’article complet

 

Azar NAFISI – Lire Lolita à Téhéran – Plon  2003

Récit. Apres avoir démissionner de l’Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, l’auteur réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans, sept de ses étudiantes pour découvrir différentes grandes œuvres de la littérature occidentale.

 

Chahdortt DJAVANN – Je viens d’ailleurs - 2002

Récit . Vingt ans de la vie d’une jeune iranienne révoltée par la violence du régime islamique. Premier roman de l’auteur, iranienne réfugiée en France depuis 1993 , écrit dans sa langue d’adoption.

 

Marjane SATRAPI – Persépolis- 2002

BD. L’auteur décrit avec beaucoup d’humour son enfance et son adolescence à Téhéran puis en Europe. Drôle, émouvant, bouleversant. Première BD iranienne, écrite en exile en France.

Et bientôt le film

 

 Reza DANESHVAR Le brave des braves  - L’esprit des péninsules 2001

Voir l’article complet

 

Collectif – Les Jardins de la solitude -  Nouvelles d’Iran – Mille et une nuits 2000

Recueil de nouvelles d’auteurs iraniens contemporains pour la plupart exilés : Asghar Abdollahi, Reza Daneshvar, Nassim Khaksar, Sharyar Mandanipour, Mahmood Massoodi, Akbar Sardouzami et Goli Taraghi.

 

Sadegh HEDAYAT – La chouette aveugle  - José CORTI 1953

Roman. Absurdité et cruauté de la vie. Regard désespéré sur le monde et la condition humaine. Rien à espérer de cette vie, rien non plus d’une autre. Beau et sombre à la fois. Très sombre.

Voir l’article complet

 

 

 

Pour aller plus loin, allez voir l’un de ces deux éditeurs irano-parisiens :

 

Lettres Persanes : Maison d’édition, espace culturel, 84 avenue de la République Paris 11

http://lettresperses.free.fr/LP/

 

Librairie Khavaran : Librairie et maisons d’édition, 14 cours de Vincennes, Paris 12

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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 00:00

Il est le romancier iranien (1903-1951) le plus connu à l’étranger. Ces écrits laissent transparaître son pessimisme et sa vision d’un monde absurde. C’est un peu notre Albert Camus national, amenant néanmoins à des conclusions différentes. Si Camus reconnaissait que le suicide était une fin rationnellement logique à l’absurdité de notre existence, il concluait par cette phrase : « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux ».

Hedayat, pour sa part se réfugia dans l’opium et se suicida à Paris en 1951. Pour les soirées déprime, je peux vous conseiller son roman le plus connu « La chouette aveugle », adapté au cinéma par Raoul RUIZ pour ceux qui préfère l’image au texte. Beau, très beau, mais sombre, oppressant, trop sombre… Il n’espérait rien de la vie terrestre, et comme vous pouvez voir sur l’extrait suivant, rien non plus d’une vie future.

AA-hedayat-dessinChouette.jpg 

Extrait : Quand j’étais couché dans mon lit moite, toutes ces questions perdaient leur importance. Je ne tenais plus à savoir si Dieu existe réellement ou s’il a été créé à leur propre image par les seigneurs de la terre, soucieux de confirmer leurs prérogatives sacrées, afin de piller plus aisément leurs sujets – projection dans les cieux d’un état de choses terrestre. Je sentais alors combien religion, foi, croyance, sont choses fragiles et puériles en face de la mort ; autant de hochets à l’usage des heureux et des bien portants. En regard de la terrible réalité de la mort et des affres que je traversais, ce qu’on m’avait enseigné sur les rétributions réservées à l’âme dans l’au-delà et sur le jour de Jugement m’apparaissait comme un leurre insipide. Les prières que l’on m’avait apprises étaient inefficaces devant la peur de mourir.

 

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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 14:06

 

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Est-ce un conte, une fable, de la poésie, un roman fantastique ? Le brave des braves est tout ça à la fois. C’est tout simplement de la grande littérature. Vous partirez à la recherche d’un mystérieux dossier des archives de la police du Shah, d’une antique cité, d’un village sans cimetière, d’une photo au dos d’un miroir, d’un carré magique et d’un dragon. Vous rencontrerez un écrivain flagellé sur la place publique, un vieux tavernier grec nommé Alexandre, un charmeur de serpents, trois derviches, quelques alcooliques, une caravane de prostituées …

Un mélange de fantastique, de mythologie perse et d’histoire récente de l’Iran (la fin du règne du Shah et la révolution islamique), de rêves et de cauchemars, du Borgès et du Buñuel à la fois.

Bio : Reza DANESHVAR, romancier, dramaturge et metteur en scène, est né à Mashad (Iran) en 1948. Ses premiers écrits sont censurés par le régime du Shah. Il passera une année en prison. Il fuit l’Iran en 1982, trois ans à peine après la révolution islamique, pour s’installer à Paris. Il passera 22 ans à Paris, dont dix ans comme chauffeur de taxi. Il enseigne depuis 2004 à l’Université de Cornell (Ithaca – USA).

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 13:52

On se réfère souvent au fameux Mollah Nasr Eddin en Iran. Beaucoup de situations de la vie courante peuvent vous rappeler un dicton ou un épisode de sa fabuleuse vie (légendaire). Ce sont des contes moraux dont l’absurdité et l’humour des situations amènent à réfléchir. Plongez vous dans les milles et une sublimes paroles et idioties du Mollah Nasr Eddin édité par Phébus libretto. Cette petite citation de Rumi, en début d’ouvrage, donne un bon aperçu de l’esprit du Mollah Nasr Eddin : «Renoncer à toute chose qui vient de la raison. A présent est venu le temps de la folie ».

 

Khadîdja était aux prises avec les douleurs de l’accouchement. Encouragée par les voisines, assistée par la sage-femme qui récitait les formules magiques, elle s’efforçait depuis des heures, mais le travail n’avançait pas. A la fin, Nasr Eddin brave l’interdiction d’entrée qui lui a été signifiée et vient placer entre les jambes de sa femme … une quille. Colère de la sage-femme :

 

 - Fils de Chien ! hurle t-elle, c’est bien le moment de faire le bouffon !

 

- Tu n’y connais rien. Il faut donner à cet enfant l’envie de sortir. Si tu crois que des cris et des gémissements peuvent l’attirer !

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