
Vous pouvez voir d'autres clichés dans l'album photos: L'Ouest de l'Iran.
Couple franco iranien vivant entre Paris et Téhéran souhaitant vous apporter un autre regard sur l'Iran.
"On se fait toujours des idées éxagérées de ce que l'on ne connaît pas"
Albert CAMUS

Le site de Hasanlu (dans la province de l’Azerbaïdjan oriental d’Iran) est quasiment introuvable. Il nous a fallu presque une journée entière à se promener autour, en demandant aux locaux que l’on croisait (qui parlent azéri et non pas farsi – oubliez l’anglais et le français) ou cela se trouvait. Oubliez aussi les panneaux. Le site est impressionnant mais n’est malheureusement pas mis en valeur. Il est en bordure d’un petit village, au milieu de champs. L’herbe pousse sur les ruines. Les gamins jouent dedans. Pour voir les plus belles pièces découvertes sur place (dont le célèbre vase d’or), mieux vaut aller au Louvre ou au musée national à Téhéran. Des habitants y vivaient en continu du sixième au premier millénaire avant JC.
Il nous est arrivé une anecdote étonnante sur place. Nous avions pris un vieux couple et une petite fille d’une douzaine d’année en stop sur les petites routes en terre de la région. Ils s’étaient proposés à nous indiquer le chemin pour trouver le site d’Hasanlu. Nous étions partis depuis quelques minutes lorsque je fus surpris de voir le visage de la gamine dans le rétro intérieur de notre belle 206 téhéranaise. Elle était blanche, grimaçait et quelques larmes coulaient sur son visage. Nous demandâmes à ses grands parents qui étaient resté muets ce qu’il se passait et nous apprîmes, seulement après plusieurs minutes, qu’elle avait en fait un doigt bloqué dans la portière. Je m’arrêtai aussitôt pour sortir, ouvrir la portière arrière et libérer ses doigts. Les grands parents s’excusèrent de nous avoir importunés… Les grands parents refusant toute aide, nous ne pûmes que vérifier que la gamine n’avait rien de cassé ; sa grand-mère nous répétant que ce n’était rien, qu’elle en verrait d’autres dans sa vie et que c’était une bonne petite fille qui ne pleurait pas pour un rien ! Nous restâmes abasourdi par cet exemple, qui nous faisait voir le grand écart entre des gamins nés en ville (à Paris ou à Téhéran d’ailleurs), et ceux né dans cette campagne iranienne…
La Paykan (qui veut dire « la flèche » en farsi) fait partie intégrante du paysage iranien. Elle doit représenter plus de la moitié du parc automobile du pays. Dérivée de la Hillman Hunter (voiture britannique des années 60), elle fait son apparition en Iran dans la seconde moitié des années 70 et n’est plus fabriquées en Iran que depuis 2005. De nombreuses blagues circulent ici sur cette voiture mythique qui valent nos blagues sur les deuches, en un peu moins absurdes…
Je vous laisse savourer :
Q. What do you call Paykan passengers? A. Shock absorbers.
Q. How do you make a Paykan go faster downhill? A. Turn off the engine.
Q. How do you double the value of a Paykan? A. Fill up the gas tank.
Q. Why do Paykans come with heated rear windows? A. To keep your hands warm while you're pushing them.
Q. What is found on the last 2 pages of every Paykan owner's manual? A. The bus schedule.
Q. How do you make a Paykan accelerate 0 - 60 mph in less than 60 seconds ? A. Push it off a cliff.
… and so on.
A l’extrême ouest de l’Iran, le lac d’ORUMYEH est le plus grand lac d’Iran (plus de 6000 km2) : bleu turquoise, salinité plus élevée qu’en mer (qui peut atteindre jusqu'à 25% en été!) et parsemé d'une cventaine d'îles. Si vous avez de la chance, vous pourrez y voir quelques pélicans, des flamands roses … Juste un petit conseil avisé : si vous êtes en voiture, hésitez à deux fois avant de décider de traverser le lac en son milieu. Des bateaux vétustes vous offrent la traversée pour trois fois rien mais il vous faudra peut être attendre de nombreuses heures avant de pouvoir embarquer (pour nous ce fut 5 heures, en plein cagnard). Contourner le lac peut être une alternative plus intéressante.
La ville d’ORUMYEH est impressionnante pour son métissage. Ici, chrétien, musulman chiite, musulman sunnite, kurde, turc, arménien, assyrien et perse cohabitent en harmonie… alors qu’à quelques kilomètres de là, à Bagdad, les sunnites et les chiites s’entretuent suite à la croisade américaine. La ville vaut également par son bazar : on y trouve de tout comme dans tout bazar iranien mais plus spécifiquement du concentré de tomates, de la laine de mouton vendu brut, des slips découpés dans le drapeau américain. Quelques échoppes dans un coin du bazar travaillent le fer comme dans l’ancien temps : Voir l’article
Participation à un mariage entre deux amis de familles kurde et azéri. Cela danse frénétiquement toute la soirée. Un bar avec alcool frelaté de fabrication maison se tient à l’écart. J’y suis convié pour déguster un petit whisky. Je tente tant bien que mal d’éviter d’y retourner lorsque l’alcool maison frelaté appelé vodka servit dans un jerrican plastique de quinzaine de litres est servi !
Il y a également des ruines impressionnantes à Hasanlu, site archéologique qui aurait été habité en plusieurs périodes, la première commençant au sixième millénaire avant JC. Vraiment difficile à trouver car aucun panneau ne vous aide. Il suffit de demander à un passant à chaque intersection, si vous avez la chance d’en voir un passer et si vous arrivez à communiquer en azéri.
Traverser une rue à Téhéran est un sport à part entière. Piétons, deux roues, voitures, bus et camions offrent quotidiennement un ballet impressionnant. D’autant plus impressionnant lorsque vous êtes un piéton. En tant que français, on met énormément de temps avant de pouvoir se lancer comme un grand. Pendant six mois, je me mettais juste derrière un iranien pour pouvoir traverser certains grands boulevards…
Voila un peu ce que cela peut donner. C’est pire que GTA2 ! lancez vous !
Dans le sud-est de l’Iran et principalement à Minab, vous pouvez croiser des femmes portant un curieux masque. Une bande de tissu rigide masque l’intégralité du visage avec une partie perpendiculaire au niveau du nez. Pour en avoir essayé un sur le marché de Minab (qui, d’ailleurs, mérite d’y faire un détour), je peux vous dire que cela donne chaud et que l’on ne voit plus très bien. Des ethnologues font remonter cette « mode » à l’époque lointaine ou les portugais avaient investi la région. Les femmes des colons se protégeaient le visage du soleil avec un masque de tissus similaire. Il faut dire qu’à l’époque, la mode était à la peau blanche et que le soleil du sud de l’Iran peut très rapidement bruler même une peau basanée. Des raisons esthétiques mais également religieuses ont poussé les femmes autochtones – il faut lire « ont été poussées par les hommes » - à adopter cette mode.
Se balader à Téhéran en voiture donne parfois la curieuse impression d'être plongé dans le jeu vidéo Driver ! La circulation est des plus chaotiques et la façon iranienne de conduire possède ses propres règles, assez éloignées de celles du code de la route international. Tout est possible en ville. Par exemple, la marche arrière ou conduire en sens opposé sur l'autoroute, dans les virages inclus, est possible. Il est tout de même préférable d'utiliser ses warnings, si vous en avez. De plus vous croisez de très vieilles voitures dont beaucoup de vieilles américaines. Le jeu reste des plus dangereux. Les sensations sont par contre toujours au rendez vous.
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